COLLAB du SAVOIR : Paris Montréal Février 2019

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– Le monde du Co..co-développement, collaboration, co-création, co-construction, concentration, intelligence collective; quelles sont les pratiques avec des exemples ?

 

Date: Mercredi 20 Février 2019

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La numérisation comme un facteur d’amélioration de la déclaration volontaire des obligations fiscales

par Ksenija Cipek

11-12-2018

Authors: Ksenija Cipek et Iva Uljanić Škreblin – Ministère des Finances, Administration des impôts

Traduction de ce texte par Enid Lucaj

L’économie numérique modifie nos interactions, les achats et l’économie. Les entreprises numériques se développent de maniéré beaucoup plus rapide que les entreprises dans l’économie traditionnelle, une tendance en cours de développement. L’utilisation de la technologie en matière fiscale apport de nombreux avantages pour la société et la fiscalité a savoir: crée des opportunités pour les administrations fiscales, offre des solutions pour réduire les charges administratives, facilite la coopération entre les autorités fiscales et lutte contre la fraude fiscale.

Durant le passe, nous constatons que aux liens réciproques entre la législation et le développement de la technologie, particulièrement dans le domaine de l’information et de l’intelligence artificielle est attribue peu de l’attention. A l’époque où la technologie se développe à grande vitesse, la législation doit s’adapter aux ces changements. La législation fiscale ne fait pas exceptions de ce mouvement de se conformité avec le développement technologique. L’évolution de la technologie et ces réalisations récentes dans ce domaine ont également une incidence sur la création de politiques relatives aux politiques du pouvoir exécutif et de politiques fiscales. Afin d’adopter et d’appliquer une politique budgétaire et monétaire, les objectifs stratégiques de l’État, incluent certainement une croissance du PIB, de la production, des investissements – en particulier des investissements verts – et de l’emploi, ainsi que des politiques fiscales stables et stimulantes, la stabilité des prix (inflation), la liquidité économique et l’équilibre monétaire, stabilité de la monnaie et des taux de change, taux d’intérêt bas, augmentation de la masse monétaire, concurrence loyale sur le marché.

La politique fiscale soutient non seulement des elements fiscales, mais des objectifs plus larges à savoir: promouvoir un développement régional égal, autoriser les aides d’État, en particulier dans les projets d’éducation et de recherche et développement, et les aides de minimis, volet social (exonération de l’impôt une certaine catégorie de contribuables), réduction de la charge administrative et des coûts administratifs des entrepreneurs, administration fiscale et douanière efficace, organisée et professionnel, etc.

La législation fiscale doit être organisée, simple, transparente, compréhensible et accessible. Ces objectifs ne sont pas toujours faciles à les atteindre, mais sans les efforts des contribuables (partenaires, actionnaires), la charge de l’administration fiscale sera encore plus lourde. Cet effet se reflétera dans leurs activités, les liquidités et le capital. Cela affectera à son tour toute la politique économique et donc la qualité de vie de tous les citoyens.

i. Analyse avancée

Au cours de 10 dernières années, des progrès considérables ont été fait dans la collecte, l’organisation, le stockage et la gestion de données mondiales. En conséquence, les activités qui nécessitaient beaucoup de temps, ne prennent maintenant plus que quelques minutes. A cause des progrès technologiques, ces transformations, permettent aux administrations fiscales de comprendre, d’analyser et d’agir en fonction des informations mises à leur disposition. De nombreuses administrations fiscales utilisent déjà les informations qu’elles disposent pour mieux comprendre les contribuables et également les événements qui semblent améliorer leur efficience et leur efficacité opérationnelle, fournir de meilleurs services aux contribuables, obtenir de meilleurs résultats avec des ressources existantes, se concentre sur les contribuables les plus risqués, etc. Ainsi, non seulement l’administration fiscale économise ses coûts, mais les contribuables expriment également une plus grande satisfaction pour le travail de l’administration fiscale dans son ensemble. En effet, dans le but de recevoir un meilleur service ou une meilleure assistance pour se conformes aux obligations fiscales, les contribuables ne se sentent plus soumis à la pression et à la répression en raison de contrôles fréquents. En plus, ils accordent une plus grande confiance à l’administration fiscale car l’attention de l’administration est portée sur ceux qui évitent réellement de payer des impôts, ce qui permet une concurrence saine et une justice fiscale équitable. De plus, les analyses avancées permettent aux administrations fiscales d’identifier plus rapidement et avec plus de précision les contribuables qui utilisent des schémas de fraude ou d’évasion fiscale, ce qui peut également dissuader d’autres contribuables d’utiliser ces schémas. Ceci, à son tour, augmente le nombre de contribuables qui se conforment volontairement à leurs obligations fiscales.

Le rapport de l’OECD analyse l’utilisation de la technologie analytique intitulé “Analyses avancées pour une meilleure administration fiscale: mettre les données à profit” 1 publié en 2016 (résumé ci-dessous).

Dans ce rapport, “l’analyse avancée” est définie comme le moyen à utiliser des techniques statistiques pour prévoir et tirer des conclusions sur les causes et les conséquences de certains comportements. Le fonction initiale de l’analyse avancée a été pour des fins de surveillance. Par la suite, l’analyse avancée a été utilisée dans d’autres domaines, tels que l’optimisation de la gestion de la dette, l’enregistrement et le paiement de l’impôt, l’amélioration des services fiscaux et la meilleure compréhension de l’impact du changement de politique fiscale. Par conséquent, l’analyse avancée est devenue de plus en plus la pierre angulaire de la prise de décision opérationnelle et stratégique dans les administrations fiscales modernes.

Les projets liés à l’analyse avancée peuvent être divisés en 2 catégories, à savoir:

  • Analyses prédictives – vise à anticiper les problèmes éventuels, afin que les administrations fiscales peuvent prendre les mesures appropriées; Il s’agit généralement de reconnaître le lien entre les données, mais pas nécessairement la nature de cette connexion; C’est basé sur le principe d’essai et d’erreur pour détecter l’apparition de données historiques, qui sert ensuite comme une base de prédiction.
  • Analyse prescriptive – Elle aide les administrations fiscales à reconnaître l’impact de leurs activités sur le comportement des contribuables afin que celles-ci peuvent choisir les meilleures activités pour un groupe particulier ou des contribuables particuliers; il s’agit en réalité de reconnaître la cause, ce qui a pour but de déterminer si nos activités sont causales ou simplement coïncidentes avec l’évolution du comportement des contribuables.

Analyse avancée est une sorte de progrès dans l’utilisation de l’analyse dans le travail journalière de l’administration fiscale car il permet de l’analyser les données et les contenus avec des approches sophistiquées telles que la reconnaissance d’un comportement particulier, la détection d’externalités, la conception expérimentale, l’analyse de réseau, etc. Il n’essaie pas de révéler quoi que ce soit de fondamentalement nouveau, il essaie d’accomplir ces tâches en mettant davantage l’accent sur les données elles-mêmes et moins sur les estimations humaines. Par exemple, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Irlande, les États-Unis, le Royaume-Uni et Singapour utilisent des analyses avancées dans le domaine du choix des contribuables en matière de surveillance, de déclaration et de paiement d’impôts, de services aux contribuables, de gestion de la dette et d’établissement de politiques fiscales.

Le rapport de l’OCDE montre que 15 des 16 pays étudiés utilisent des analyses d’audit fiscal avancées (par exemple, le remboursement de la TVA en analysant un grand nombre de données, en analysant les réseaux sociaux sur Internet, etc., en définissant les erreurs ou la fraude avec l’impôt sur le revenu, en particulier dans l’utilisation du relief, etc.). L’objet de ces modèles doit en réalité être trouvé sur la base de données antérieures, c’est-à-dire des cas dans lesquels une fraude ou une erreur d’un certain événement commun a été découverte et intégrée à un système de peut anticiper ces fraudes ou ces erreurs. Cependant, ce type de modèle ne reconnais pas les types de risque nouveaux ou précédemment inconnus. Il est donc nécessaire d’appliquer des modèles non standardisés qui se concentrent sur les données et certaines anomalies, plutôt que d’en savoir plus sur les résultats de cas spécifiques. Ils appliquent le modèle australien dits “voisins les plus proches”, qui est créé pour rechercher des erreurs ou des données inexactes sur les retenues d’impôt sur le revenu, ou le modèle irlandais dits “consommation-revenus” qui recherche les revenus non déclarés. Les deux modèles reposent sur le même principe: comparer les déclarations de revenus de contribuables similaires. Les deux modèles sont très utiles et le modèle choisi par l’administration fiscale dépendra en réalité de l’objectif à atteindre: s’il veut éliminer les interventions qui ne créeront pas de nouvelles obligations, un modèle supervisé sera appliqué. S’il veut identifier de nouveaux types de fraude ou de risque qui n’ont pas encore été révélés,alors il utilisera un modèle non normalisé.

Concernant la conformité fiscale a l’egard de l’enregistrement des données et du paiement des taxes, l’enquête de l’OCDE montre que l’analyse prédictive et normative est utilisée pour modifier le comportement des contribuables. Ainsi, l’analyse prédictive est utilisée pour identifier les contribuables qui ne sont pas susceptibles de remplir leurs obligations et qui sont obligatoires pour déterminer le meilleur moyen de communiquer avec ces contribuables. La recherche a montré que différents pays utilisent différentes techniques:

  • conception expérimentale (par exemple, l’administration fiscale norvégienne a engagé des experts dans le domaine de la recherche sur le comportement économique afin de tester différents modes de communication. Le but d’améliorer l’exécution des obligations fiscales liées aux revenus étrangers.),
  • les modélisation prédictive et expérimentation (L’Australie, le Canada, la Norvège et le Royaume-Uni ont recours à la modélisation des risques et à des expérimentations contrôlées pour identifier les cas susceptibles de ne pas permettre de s’acquitter de leurs obligations fiscales et les mesures à prendre pour les prévenir, mettant ainsi l’accent sur les contribuables les plus risqués, afin de créer des messages s’adressent à ciblé ces contribuables, réduisant ainsi le coût de la communication.)

Pour la gestion de la dette, de nombreuses administrations fiscales utilisent les mêmes analyses avancées que la conformité fiscale relative à la l’utilisation des données et au paiement des taxes. Par exemple, en Irlande, en Finlande, à Singapour et en Suède, ce sont utilisées des mécanismes intégrés permettent de prédire la probabilité de manque de liquidité ou d’autres problèmes liés au paiement des contribuables afin de pouvoir réagir rapidement. De même, l’Australie et la Norvège ont des systèmes de gestion de la dette en temps réel qui, selon les cas, appliquent des modalités de paiement différentes en ce qui concerne la capacité de paiement du contribuable. L’Administration fiscale australienne utilise également des modèles prédictifs pour envoyer des SMS aux contribuables qui ont encourus un risque de paiement. Seules certaines administrations fiscales utilisent la technique de la “modélisation du relèvement” pour déterminer quelles interventions donneront les meilleurs résultats. Plus précisément, il est possible qu’aucune intervention ne se produise sur certains groupes de contribuables, et il existe d’autres cas où les obligations fiscales seront remplies sans intervention. Afin d’améliorer l’impact de l’administration fiscale et de réduire les coûts d’intervention, la «modélisation de relèvement» combine une expérience contrôlée pour détecter l’impact attendu d’une intervention et des techniques de modélisation prédictives afin d’identifier les contribuables les plus réactifs. Ceci est principalement utilisé dans le secteur privé, mais un rapport de l’OCDE suggère une analyse plus avancée de l’utilisation de cette méthode.

De nombreuses administrations fiscales utilisent de plus en plus des analyses avancées dans le segment des services aux contribuables, telles que le développement des contribuables, la prise de décision en matière de conception des informations, l’identification de possibilités de fournir différents services “self service”, etc. De manière générale, les analyses avancées sont de plus en plus utilisées pour encourager les contribuables à utiliser davantage les canaux de communication numériques, car elles devraient créer de nouvelles possibilités d’analyse, le suivi et l’expérimentation qui sont plus simples et moins coûteux pour l’administration fiscale dans l’environment numérique. Par exemple, Singapour a commencé à utiliser la technique de courrier électronique que les contribuables envoyaient aux autorités fiscales afin de réduire le nombre de demandes de renseignements, de nuire aux demandes de renseignements et d’améliorer les services fournis aux contribuables, en particulier lorsqu’il est nécessaire de mettre l’accent sur les changements importants ou d’identifier les tendances à la demande fiscale qui nécessite la réponse de l’administration. Dans le cadre d’un de ces projets, l’administration fiscale a réussi à mettre en œuvre la bonne campagne au bon moment, afin de fournir davantage d’informations sur son site Web et à mettre à jour de manière proactive les informations destinées aux contribuables, réduisant ainsi le besoin les contacts supplémentaires de l’administration fiscale après la modification du système fiscal. Les administrations fiscales du Canada, d’Irlande, de Nouvelle-Zélande, de Norvège et du Royaume-Uni utilisent des techniques similaires pour améliorer les canaux de communication avec les contribuables.

L’analyse avancée est également utilisée dans le processus de prise de décision concernant la stratégie et la politique de l’administration fiscale, le plus souvent pour mesurer les divisions fiscales et pour estimer et prévoir les effets des modifications de la politique fiscale. Par exemple, la Chine, les États-Unis, la Finlande et le Royaume-Uni utilisent des analyses avancées pour estimer les allégements fiscaux fondés sur des données collectées lors du processus de contrôle fiscal, tandis que Singapour utilise des méthodes d’analyse visuelle et de simulation pour étudier la probabilité de modifications de la politique fiscale. L’utilisation de la visualisation des données a permis aux législateurs d’identifier rapidement les événements, les tendances et les anomalies, améliorant ainsi l’efficacité des processus décisionnels et des audits de la politique fiscale. La Chine utilise également des analyses avancées pour évaluer l’impact des principales réformes fiscales fondées sur le modèle de simulation.

Outre les cas mentionnés ci-dessus, qui sont principalement liés à la relation entre l’administration fiscale et les contribuables, l’analyse avancée peut être utilisée dans le sens large de l’organisation, de la structure organisationnelle et de la culture organisationnelle de l’administration fiscale.

L’analyse avancée n’est qu’un outil qui peut aider les administrations fiscales à devenir plus rapide et plus objectif et à consacrer moins de ressources humaines à l’obtention des résultats souhaités – prévisions et l’estimations, ou l’analyse et l’identification de certains événements, tendances, anomalies, etc. Cependant, pour que les résultats soient bons, il est nécessaire de disposer de bons intrants sur lesquels seront fondées les analyses, ainsi que d’une bonne gestion qui accordera une grande attention à la réussite de la gestion, de la hiérarchisation et de l’évaluation des projets. En outre, il est nécessaire de s’occuper du développement des capacités des agents existants ou d’en embaucher de nouveaux qui disposeront des capacités nécessaires pour comprendre et maîtriser avec succès tous les défis que l’analyse avancée implique (par exemple, dont les analyses avancées pourraient être utilisées efficacement et là où il y a des contraintes techniques, des sources de données de haute qualité, les cas dont le projet nécessitera une charge administrative trop lourde pour les contribuables, etc.). Il est également très important de suivre et de gérer les modifications apportées aux flux de travail qu’entraînent les analyses avancées. Il s’agit principalement des employés qui devront utiliser les résultats d’une analyse avancée dans leur travail quotidien face à la résistance naturelle au changement.

Par exemple, l’administration fiscale des Pays-Bas a mis en place une équipe de données et d’analyse dont l’objectif principal est d’améliorer le système existant et les méthodes de travail en matière d’organisation des données et d’analyse avancée. Les résultats analytiques créés par cette équipe ont un impact important sur le travail quotidien des autres agents de l’administration fiscale. Pour s’assurer que ces produits sont utilisés correctement, ils ont créé une équipe de gestion du changement, composée principalement de psychologues et d’autres experts dans le domaine du comportement organisationnel. Cette équipe établit un lien entre la compréhension analytique et organisationnelle et aide à mettre en œuvre de nouvelles pratiques basées sur des recommandations et des produits analytiques. Un grand nombre des modifications proposées conduisent à une normalisation du processus et les fonctionnaires qui le feront auront peut-être l’impression de ne plus pouvoir décider librement, ce qui entraînera une résistance naturelle à l’adoption des nouvelles méthodes. Aux Pays-Bas, l’approche consiste à introduire un nouveau système en modifiant simultanément le contexte de travail et l’ensemble du processus de travail. Cela implique également que les fonctionnaires eux-mêmes recherchent leur avis sur ce à quoi ils souhaitent que le nouveau processus de travail ressembl (ce qui est nécessaire pour améliorer l’efficacité du travail et ce dont ils ont besoin pour travailler plus efficacement). Le principal avantage de cette approche est qu’elle a facilité la transition d’anciens processus d’entreprise à de nouveaux, garantissant que la modélisation prédictive et d’autres initiatives analytiques ont un impact concret sur le comportement des employés et sur les résultats des contribuables.

ii. Outils technologiques de la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales

L’augmentation de la conformité fiscale volontaire en tant qu’antipode entraîne une réduction de l’évasion fiscale et de la fraude fiscale. Bien que l’Union européenne se concentre depuis plusieurs années sur la lutte contre la planification fiscale agressive liée au commerce transfrontalier (principalement par les grandes multinationales), de nombreux pays – en particulier les petits pays comme la Croatie – sont confrontés à une forme spéciale d’évasion fiscale: omettre de déclarer avec exactitude les recettes et augmenter les coûts et les dépenses au moyen de factures frauduleuses. Ces défis sont plus prononcés dans les économies fortement dépendantes des transactions en espèces, ainsi que dans les économies dotées de plates-formes numériques bien développées permettant le commerce en ligne via des entreprises qui ne sont pas enregistrées dans le pays où les bénéfices sont générés et dans les pays utilisant l’économie de partage ou l’économie collaborative.

Comme indiqué dans la section précédente, les analyses avancées peuvent avoir pour effet de prévoir et de prévenir les comportements à risque uniquement si nous disposons d’une bonne source de données et de suffisamment d’informations sur les contribuables. La première étape consiste, en fait à utiliser des outils technologiques rentables, de plus en plus sophistiqués et de plus en plus accessibles, non seulement aux pays développés, mais aussi aux pays en développement. Même le stockage d’un grand nombre de données n’est plus un problème, car les coûts de stockage de données sont devenus moins chers. Grâce à l’analyse avancée, ni le traitement ni l’analyse de ces données ne sont excessivement coûteux.

La Croatie est l’un des pays qui a commencé il y a plusieurs années (plus précisément en 2013) à utiliser les outils technologiques qu’elle essayait d’introduire dans le secteur de la vente au détail, à savoir les transactions en espèces. Il s’agit bien entendu d’un projet sur la fiscalisation des paiements en espèces. En fait, la Croatie n’est pas le premier pays à utiliser un tel moyen de suivi des transactions entre contribuables en temps réel. Par exemple, en 2006, le Brésil a lancé un projet pilote visant à contrôler les factures électroniques B2B, qui est très similaire au système de fiscalisation croate. Il a été introduit pour réduire la fraude B2B transfrontalière et il est encore utilisé aujourd’hui. En 2015, le Portugal a mis en place un suivi des transactions en temps réel pour tous les contribuables et la Russie prévoit d’introduire un système similaire cette année.

L’un des aspects du suivi électronique des factures est l’annonce par l’Italie qu’elle utilisera des factures électroniques pour tous les contribuables (à l’exception de ceux pour lesquels une procédure spéciale pour les petits contribuables est prescrite et a sollicité à cet égard l’approbation du Conseil de l’UE concernant la dérogation accordée aux articles 218 et 232 de la directive sur la TVA publié l’année dernière, du 1er juillet 2018 au 31 décembre 2021). Les factures seraient échangées via le système de système d’échange (SoI) géré par l’administration fiscale italienne, afin que l’administration fiscale obtienne des informations en temps réel sur toutes les factures émises et un meilleur suivi de la conformité entre la TVA déclarée et celle acquittée. L’Italie estime que l’instauration d’une obligation générale en matière de facture électronique présente l’avantage de lutter contre l’évasion et la fraude fiscales et de simplifier la perception des impôts. Il estime également que le respect des obligations fiscales s’améliorera et qu’il bénéficiera réellement de la rapidité et de l’efficacité accrues du contrôle de la fraude et de l’évasion fiscales. Plus précisément, l’Italie affirme que l’administration fiscale actuelle a besoin d’environ 18 mois pour se rendre compte de l’existence d’un “opérateur manquant”, tandis que la disponibilité immédiate d’une facture électronique réduirait cet intervalle à trois mois seulement, permettant à l’Italie de prévenir la chaines des transactions frauduleuses beaucoup plus vite. Cela stimulerait également la numérisation et la simplification administrative.1

En 2017, l’OCDE a publié un rapport intitulé “Outils technologiques de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales”,2 fondé sur l’expérience de 21 pays dans l’utilisation de solutions technologiques rentables pour la prévention et la détection de la fraude et de l’évasion fiscales, en particulier dans le champ des transactions en espèces et de l’économie partagée. Le rapport souligne les principales réussites dans l’utilisation de ces technologies, identifiant non seulement les pays enregistrant une augmentation significative des recettes fiscales, mais discutant également des conséquences de l’augmentation globale de la conformité des contribuables. Éviter de déclarer toutes les transactions financières n’est plus lié à la simple non-inscription d’une transaction en espèces individuelle, mais les contribuables utilisent de plus en plus des méthodes sophistiquées faisant appel à des solutions technologiques, telles que l’utilisation de caissiers en mode démo ou la suppression d’une transaction après que la facture a déjà été annonce. La recherche a montré que les contribuables utilisent principalement deux outils:

  • “phantomware” – inclut l’installation de logiciels dans la caisse enregistreuse des ventes, ce qui permet de modifier les données précédemment enregistrées. Le programme n’est accessible que via un menu masqué permettant au propriétaire de l’entreprise de manipuler en secret des documents de vente une fois la transaction effectuée, et,
  • “zappers” – un appareil externe ou un programme externe disponible en ligne peuvent être lié à la caisse enregistreuse et permettent la manipulation des enregistrements de transaction, en remplissant une fonction similaire à celle du logiciel phantomware.

Les deux outils permettent à l’utilisateur de supprimer des enregistrements de ventes individuels, réduisant ainsi le total des ventes déclarées. En raison de leur nature cachée, il est difficile de se débarrasser de ces outils, notamment parce que les caisses enregistreuses semblent fonctionner normalement. Ces modèles sont spécifiques à l’application de ce que l’on appelle les “fosses fiscales” ou caisses enregistreuses fiscales électroniques, que chaque pays utilise et qui, en fin de compte, fournissent des informations sur la taxe de vente. Lorsque les données sont envoyées aux autorités fiscales en temps réel, ces outils cessent de fonctionner.

Ces escroqueries, décrites plus en détail dans le rapport de l’OCDE, fonctionnent en émettant de fausses factures. Le moyen de lutter contre ce type de fraude consiste à utiliser une facture électronique, en particulier si cette facture doit être enregistrée ou autrement transmise aux autorités fiscales. L’Italie a proposé d’adopter une facture électronique, déjà mise en œuvre en Argentine, en Bolivie, au Brésil, en Colombie, au Costa Rica, en Équateur, au Guatemala, en Chine, au Pérou, en Uruguay et au Mexique. La mise en œuvre dans ces pays a effectivement permis à 4,2 millions de micro-entreprises de sortir de l’économie souterraine et de les intégrer à l’économie formelle. L’utilisation d’une facture électronique présente également des avantages pour l’entreprise qui l’utilise (par exemple, pour la comptabilité), ainsi que pour améliorer l’exactitude de ses déclarations fiscales et pour réduire les coûts administratifs et les charges qui pèsent sur les contribuables.

Les mêmes solutions technologiques que celles mentionnées ci-dessus peuvent être appliquées pour relever les défis liés aux transactions en espèces et à l’évasion fiscale. Certains pays utilisent également des solutions législatives, des outils d’analyse et des incitations pour les paiements en espèces. L’Argentine, par exemple, utilise un incitatif dans lequel les acheteurs qui achètent des biens immobiliers ou des services au moyen d’une carte de crédit ou d’un compte bancaire peuvent bénéficier d’un remboursement partiel de la TVA. En Autriche, les paiements en espèces pour services de construction (y compris la main-d’œuvre) supérieurs à 500 € ne sont plus déductibles des impôts. Pour être admissibles à la déduction, ces dépenses (y compris le salaire) doivent être payées par compte bancaire. En Finlande, les autorités fiscales peuvent accéder à une connexion en ligne utilisée pour les retraits en espèces avec des distributeurs automatiques de billets qui peut être l’utiliser comme indicateur de risque. La France et la Grèce limitent les paiements en espèces supérieurs à 1 000 et 1 500 euros, respectivement. En Suède, il a été convenu que la société refusait de recevoir des paiements en espèces et elle l’utilise déjà dans certains restaurants, transports publics et hôtels. L’utilisation des espèces est en baisse et on estime qu’environ 80% des transactions sont payées par voie électronique.

Le rapport conclut que les administrations fiscales devraient continuer à coopérer avec les contribuables, le secteur privé et d’autres administrations fiscales afin de faire face aux nouveaux risques et de partager les bénéfices tirés de l’introduction de nouvelles solutions. La technologie évolue rapidement et les contribuables qui sont doute de commettre une fraude trouveront constamment de nouveaux moyens de commettre une fraude, ce qui nécessitera de nouvelles réponses de la part de l’administration fiscale. Les administrations fiscales devraient donc continuer à partager leur expérience et leurs connaissances en matière d’utilisation des nouvelles technologies pour lutter contre l’évasion fiscale et la fraude fiscale, ainsi que pour fournir des informations en retour sur les réformes fiscales ayant permis d’améliorer le respect des obligations fiscales.

iii. Nouveaux outils pour de nouveaux modèles d’entreprises

L’un des changements majeurs dans l’économie de la numérisation est la croissance rapide des plates-formes en ligne à multiples facettes, qui facilitent souvent les transactions entre vendeurs de biens et services et les transactions peer-to-peer (P2P), qui ont lieu en dehors des structures commerciales traditionnelles. En particulier, les plates-formes en ligne facilitent la croissance et le développement de “l’économie du partage” (parfois appelée “économie collaborative” ou “économie de groupe”). Bien que les expressions «économie de partage» et «économie collaborative» soient souvent utilisées de manière interchangeable, s’agissant de modèles commerciaux reflétant l’existence ou l’absence de recettes imposables, ces deux concepts peuvent différer comme suit:

  • “économie de partage” implique des dépenses communes, c’est-à-dire le partage des coûts ou l’utilisation conjointe des biens ou des services d’un particulier, sans qu’aucun revenu supplémentaire ne soit généré pour ceux qui le proposent. Il s’agit par exemple du portail “BlaBlaCar” qui relie les personnes se déplaçant dans la même zone et partageant le coût du trajet, mais le coût maximum que l’on peut offrir au transport avec sa voiture personnelle est limité, de sorte qu’aucun excédent de revenu ne soit généré. Un exemple de ce type de collaboration est le portail “échange de maison”, qui relie des individus à différents endroits du monde et leur permet d’échanger gratuitement des maisons de vacances. Ce type d’économie ne crée pas de valeur ajoutée en termes d’augmentation des avantages matériels pour les utilisateurs et, pour le moment, les administrations fiscales ne sont peut-être pas encouragées à les imposer;
  • “économie collaborative” ou la coopération économique implique des transactions en ligne via des canaux sociaux en ligne, tels que la location privée de biens via des plateformes telles que Airbnb ou Booking, des services de transport en ligne tels que Uber et des ventes professionnelles via des plateformes en ligne telles que eBay. En ce modèle commercial, qui fusionne l’offre et la demande, procure aux utilisateurs de ce portail qui fournissent leurs services un avantage matériel, suscitant ainsi un intérêt accru des autorités fiscales à taxer les recettes des utilisateurs.

L’économie «gig» fait référence à un marché du travail caractérisé par la prévalence de contrats à court terme et souvent non standard ou de travail indépendant, à la différence des emplois permanents et des contrats de travail standard. Il s’agit d’un environnement dans lequel les emplois temporaires sont courants et les organisations engagent des travailleurs indépendants pour des missions à court terme. Les exemples incluent les services de ménage occasionnels, etc. En cette ère numérique, la main-d’œuvre devient de plus en plus mobile et le travail peut être effectué de plus en plus de n’importe où, réduisant ainsi le lien entre le travail et le lieu où il est exécuté. Cela signifie que les freelancers peuvent choisir entre des emplois temporaires et des projets du monde entier, tandis que les employeurs peuvent choisir les meilleurs candidats pour des projets spécifiques dans un “bassin” de travailleurs plus important que celui disponible dans un seul domaine.

L’économie de la coopération est un terme relativement nouveau. Bien qu’elle ne présente pas les mêmes risques que les transactions en espèces, certaines administrations fiscales ont déjà commencé à analyser les risques d’évasion fiscale et de fraude fiscale associés à ce type d’économie. PwC a estimé que l’économie de la cooperation générait désormais un chiffre d’affaires mondial de 15 milliards de dollars et pourrait atteindre 335 milliards de dollars d’ici 2025.

Certaines administrations fiscales ont commencé des activités dans ce domaine afin de réduire l’évasion fiscale grâce à des cadres technologiques antitrust, réglementaires et législatifs. La coopération internationale peut être utile dans ce domaine, notamment parce que les plates-formes en ligne sont situées en dehors du pays où résident ses utilisateurs. Par exemple, l’Argentine a mis en place un système spécial d’enregistrement à la TVA, qui s’applique aux portails en ligne pour la vente de biens personnels neufs et aux portails en ligne lorsque la sous-traitance de services est convenue ou exécutée électriquement. L’opérateur de portail en ligne est tenu d’agir en tant qu’agent de TVA pour les transactions effectuées via son portail. L’Australie utilise d’importantes données de tiers obtenues grâce à l’accès aux informations collectées dans le but de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Ils ont suivi le mouvement des fonds pour les conducteurs et les propriétaires payés de surpeuplés à une banque locale et ont demandé des informations à ces banques pour identifier les activités commerciales non déclarées telles que celles exercées par les conducteurs Uber. Ils collaborent également avec des plates-formes – en particulier Uber et Airbnb – pour obtenir des informations sur les clients. L’Autriche utilise la surveillance Internet au moyen de divers outils (par exemple, “collecte sur le Web” et “extraction au jour Web”) et l’utilise pour les mesures qu’elle cherche à améliorer en matière de fiscalité, par exemple en envoyant des appels et des campagnes d’information. La Belgique utilise “Internet scraping”, exigeant que toutes les données numériques fassent l’objet d’une “exploration de données”, et applique d’autres outils d’analyse, tels que “un outil médico-légal”, pour collecter des données. Le Japon collecte une grande quantité de données sur Internet, les stocke dans une base de données et les compare aux données de son système fiscal pour chaque contribuable, ce qui facilite la visualisation des risques pour chaque contribuable. Le Royaume-Uni utilise un programme appelé “COSAIN”, qui automatise le processus de comparaison et de filtrage des données des réseaux sociaux et des sites, facilitant ainsi la perception des tendances dans une zone géographique ou un secteur d’activité donné.

L’avantage de la numérisation, en particulier dans le domaine des transactions P2P, réside dans le fait que même avant la numérisation de toute transaction, il ne s’agissait pas de nouveaux emplois créés par la numérisation ni de ces nouveaux modèles d’entreprises. En fait, dans la plupart des cas, il s’agissait d’une économie grise, ce qui rendait difficile la recherche, le suivi et la surveillance par les autorités fiscales. La numérisation a créé un avantage pour les administrations fiscales: les données des clients et des serveurs sont disponibles en ligne, ce qui crée une nouvelle source d’informations potentielle pour les administrations fiscales afin qu’elles puissent surveiller et estimer les bases d’imposition non enregistrées auparavant.

Toutefois, pour encourager l’activité économique et garantir un traitement fiscal approprié, les administrations fiscales doivent prendre en compte l’impact des charges administratives sur les utilisateurs de la plateforme en ligne. Cela a déjà été reconnu dans de nombreux pays et des régimes fiscaux simplifiés ou des incitations fiscales spéciales pour les petites et moyennes entreprises et pour les personnes qui ne sont pas principalement engagées dans l’activité principale. Ils sont mis en œuvre afin de les sortir de l’économie parallèle. et encourager le respect volontaire des impôts.

Par exemple, le Danemark a récemment annoncé une stratégie de croissance basée sur une économie de collaboration, qui comporte 22 initiatives. Entre d’autres choses, cette initiative prévoit une indemnité personnelle plus élevée pour les locataires de voitures, de véhicules et de navires si une tierce partie telle qu’une plate-forme en ligne communique son revenu total de cette manière aux autorités fiscales. La stratégie inclut également le développement de solutions numériques pour le revenu basé sur des activités dans le domaine de l’économie de la coopération.

L’Italie a mis en place un régime fiscal optionnel pour les paiements de location à court terme, permettant au contribuable d’opter pour un impôt de substitution (au lieu de l’impôt sur le revenu) de 21% sur les revenus locatifs bruts. La nouvelle loi s’applique aux contrats de location qui ne dépassant pas 30 jours, sur les contrats conclus en ligne, ainsi qu’aux contrats conclus traditionnellement.

Le Royaume-Uni a mis en place deux allègements fiscaux annuels distincts pour les particuliers, chacun représentant 1 000,00 £, correspondant aux revenus du commerce ou de l’immobilier, afin de simplifier le système fiscal et de soutenir le développement de l’économie numérique et de l’économie de partage. Si ces facilités couvrent tous les revenus individuels pertinents (avant les coûts), le contribuable n’aura plus à demander ni à payer d’impôt sur ce revenu. Ceux qui ont un revenu plus élevé auront la possibilité de calculer leur revenu imposable afin d’obtenir un reçu pour cet allégement plutôt que pour les coûts réels déductibles des impôts.

Il est toutefois nécessaire de veiller à ce que l’application des mêmes règles pour tous ne réduise pas la compétitivité de ceux qui exercent encore des activités de manière traditionnelle, par rapport à ceux qui opèrent de manière numérique (comme entre les chauffeurs de taxi et les chauffeurs d’Uber). Par conséquent, il peut être utile d’adopter des mesures provisoires pour attirer les contribuables qui viennent de commencer leur activité économique dans l’économie du partage, sachant que ce sont peut-être de nouveaux contribuables qui ne connaissent pas bien le régime fiscal.

En outre, pour une économie de “gig”, par exemple, contrairement aux contrats de travail standard, la déclaration du revenu dépendra du contribuable lui-même (la plate-forme n’a pas de siège social dans le pays où les services sont fournis). Cela pose un autre défi à l’administration fiscale, car il sera plus difficile de savoir qui gagne un revenu et en quelle quantité. Dans son rapport intérimaire sur la numérisation, publié le 16 mars 2018, l’OCDE propose que les administrations fiscales insistent sur la nécessité d’améliorer l’éducation de ces contribuables en donnant des instructions opportunes sur le traitement fiscal et les obligations de déclaration appropriés en rapport avec ces nouveaux modèles économiques. Améliorer l’éducation des contribuables qui fournissent des biens et des services via une plate-forme P2P peut avoir un impact important sur la taxation des d’activités offer par les plate-forme en ligne. La France, par exemple, demande aux plates-formes de P2P de fournir des informations sur l’obligation de payer des impôts et des contributions aux utilisateurs de ces plates-formes. Cette obligation est réputée remplie si le message envoyé par la plate-forme à ses clients fournit des informations précises, non ambiguës et transparentes sur ces obligations pour chaque transaction et intègre de manière claire des liens hypertextes vers le site Web de l’administration fiscale. En outre, les plates-formes doivent envoyer à leurs clients un certificat annuel (avant le 31 janvier) comprenant le montant brut des recettes acquises sur les transactions exécutées via cette plate-forme.

Ce qui pourrait aussi être utile dans ce domaine est que l’administration fiscale reçoit des données de la plateforme elle-même. Cela peut, d’une part, augmenter la déclaration volontaire des recettes (puisque les contribuables savent que l’administration fiscale reçoit ces données ultérieurement) et, d’autre part, permet aux administrations fiscales d’effectuer elles-mêmes la procédure d’imposition et de remplir automatiquement les données fiscales selon les déclarations fiscales, envoye par les contribuables. De même, dans la plate-forme où le paiement est effectué ou dans lequel la plate-forme de paiement est dans le service de facturation, l’obligation de calculer et de payer une taxe de déduction pour la plate-forme elle-même peut également être appliquée. Toutefois, de telles mesures ne sont pas aussi efficaces lorsque les plates-formes se situent dans une autre juridiction, où l’administration fiscale doit s’appuyer sur l’échange d’informations avec les autorités fiscales compétentes de cette juridiction (processus prenant souvent beaucoup de temps).

Nous trouvons des exemples de bonnes pratiques en Estonie, où deux plateformes bien connues de services de transport fournissent des données directement aux autorités fiscales après approbation par utilisateur elle-même avant la période de déclaration fiscale. Sur la base de ces données, l’administration fiscale calcule la taxe et la transmet aux contribuables qui doivent la vérifier et la confirmer. L’ensemble du processus est effectué online. Au Mexique, l’obligation d’émettre une facture électronique à tous les clients du secteur des transports est propose et chaque conducteur doit s’inscrire au service en ligne pour pouvoir utiliser ce service, demander un certificat numérique afin de procéder a la signature numérique de la facture, et puis ils peuvent utiliser leur propre plate-forme pour créer et envoyer les factures aux clients et simultanément à l’administration fiscale. L’Équateur utilise un système similaire.

Dans le cadre du forum de l’OCDE sur l’administration fiscale, 50 pays ont récemment décidé de coopérer à un projet qui devrait être mis en œuvre en 2018 et comprend 4 composantes:

  • développer une compréhension commune des différents types de plates-formes, le niveau des défis et des opportunités, la location et la disponibilité des données de la plate-forme elle-même,
  • comprendre les approches déjà mises en œuvre par certaines administrations fiscales pour améliorer la conformité fiscale des utilisateurs de la plate-forme, notamment par l’éducation, les modifications juridiques et la collaboration entre plates-formes,
  • examiner l’étendue des informations dont les administrations fiscales ont besoin pour déterminer correctement le montant de revenu que les utilisateurs de la plateforme gagneraient et imposeraient,
  • consultations avec certains des plus importants accords de plate-forme transfrontaliers relative à un ensemble commun d’informations que ces plates-formes peuvent fournir, avec des solutions juridiques appropriées, à toutes les administrations fiscales relevant de la juridiction de leurs utilisateurs.

Si cet accord mondial est atteint, comme ce fut le cas pour les normes internationales d’information financière, cela contribuerait à améliorer le respect des obligations fiscales et à réduire l’évasion fiscale dans l’économie numérique.


  1. Référence: “Proposition de décision d’exécution du Conseil autorisant la République italienne à adopter une mesure spécifique dérogeant aux articles 218 et 232 de la directive 2006/112 / CE relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée”, https://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/1/2018/EN/COM-2018-55-F1-EN-MAIN-PART-1.PDF
  2. OCDE (2017), Outils technologiques de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, Éditions OCDE, Paris. http://www.oecd.org/tax/crime/technology-tools-to-tackle-tax-evasion-and-tax-fraud.pdf

Source picture : Pixabay Manuchi

2 Prix récompensent le parcours du MOOC GdP lors des cérémonies #MOTY – MOOC of the Year 2017 de My Mooc

Virginie Guignard Legros

Publié le 26 janvier 2017

Global tech Ambassadrice | Leader | Innovation | I.A. | Blockchain | School | Concept et projet | Écrivain | Orateur

 

Jeudi 19 janvier 2017, My Mooc, plateforme de référencements des MOOCs a récompensé le MOOC GdP – ABC de la Gestion de projet du Prix du Public et du Prix International dans les Locaux du siège de Google à Paris.

L’équipe GdP-Lab du MOOC GdP est fière d’annoncer cette double récompense, l’une venant du public unanime et l’autre par les professionnels de la branche, comme Miss Mooc : Jocelyne Turpin, David Yana, DRH de Google France, Anne Grjebine, directrice de formation de Air France KLM. Les partenaires de la soirée étaient entre autre Google, Le Journal du Net, Pôle Emploi, Creadev, Le Lab RH, the MOOC Agency.

Les MOOC sont des formations de masse en ligne, qui peuvent être suivis de 1000 à 100’000 personnes de façon simultanée. Ils demandent des plateformes internet d’apprentissage d’une technologie assez complexe. Certaines formations sont libres d’autres sont certifiantes.

Le MOOC GdP est une création de Rémi Bachelet, maitre de conférence à Ecole d’Ingénieur de Centrale Lille. C’est un des premiers MOOC français qui est apparu en France. Son aura est internationale. Il est suivi depuis toute la francophonie, de Montréal à Paris, en passant par Haïti, l’Afrique, la Suisse, la Belgique. Il enregistre 130’000 inscrits depuis 4 ans, dont 373’000 heures de formation sur Youtube et 96 projets réels ou virtuels menés à bien jusqu’au dossier de montage. Il propose 4 parcours distincts aux apprenants : Le parcours classique, le parcours avancé avec des exercices appliqués, le GdP-Lab, parcours par équipes projet avec des projets réels à concevoir jusqu’aux dossiers de montage en équipes internationales de 10 personnes maximum et le SPOC, qui s’adresse aux entreprises. Les parcours classiques et avancés délivrent des certificats de réussite avec des points ECTS.

Le MOOC GdP se compose de la plateforme professionnelle UNOW et de bénévoles anciens du GdP pour la formation MOOC et le GdP-Lab.

Etaient présents sur place pour recevoir le Prix International, Rémi Bachelet de Lille, fondateur du MOOC, Jeremie Sicsic, fondateur de la plateforme Unow, Virginie Guignard Legros de Suisse, responsable et coordinatrice du GdP-Lab, et Guillaume Laurie de Marseille, coordinateur du SPOC GdP, ainsi que quelques membres des équipes GdP.

À côté des Mooc universitaires, on notera aussi un Mooc sur la cuisine par l’AFPA ou un autre sur les sacrements dans le catholicisme.

« Voir ce genre de travail couronné par des récompenses, c’est une confirmation pour nous, affirme Rémi Bachelet. Le numérique bouleverse aussi l’enseignement supérieur, et nous gagnons ici l’assurance que c’est un mouvement solide, qui s’inscrit dans la durée. »

Je remercie Clément Meslin, co-fondateur de My Mooc d’avoir organisé ce bel événement, et Google d’avoir accueilli cette belle première cérémonie de remise des prix des meilleurs MOOCs de l’année 2017.

 

Texte personnel écrit par Virginie Guignard Legros, responsable et coordinatrice du GdP-Lab

Plus d’infos sur l’histoire du MOOC GdP

Présents sur la photo : Sylvie Haring Perrenoud, ambassadrice Europe du GdP-Lab, Virginie Guignard Legros, responsable et coordinatrice du GdP-Lab, Florence Rouveix, responsable des partenariats universitaires du MOOC GdP, Guillaume Laurie, coordinateur du SPOC, Lucas Grimont, responsable de communication duGdP-Lab, Fouad Temsamani, responsable de la plateforme d’information du GdP-Lab.

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L’amour inconditionnel comme fondement de nos vies, de nos projets…

Virginie Guignard Legros

Publié le 3 avril 2016 

Global tech Ambassadrice | Leader | Innovation | I.A. | Blockchain | School | Concept et projet | Écrivain | Orateur

L’amour peut-il être un moteur pour des projets ?

L’amour est un vaste sujet avec de multiples ramifications dans lesquels beaucoup se perdent. J’aime beaucoup la vision de jacques Salomé sur les pseudos-amours et l’amour en réciprocité.

L’amour en réciprocité est un sentiment amoureux vrai chez l’un qui rencontre le sentiment amoureux vrai chez l’autre. Et, quelque fois, ils sont harmoniques. Ils créent ensemble des symphonies et traversent des rivières*.

Cet amour est souvent le moteur des artistes avec leur Muse. Le sentiment amoureux heureux de préférence est un atout pour un créateur de projet, d’entreprise.

Moins de stress, plus de confiance en l’avenir…c’est une sorte d’état second qui peut donner des ailes et vous rendre inoubliable. Cette citation de Maya Angelou illustre bien mon propos.

Maya Angelou

Les gens oublieront ce que vous avez dit, ils oublieront ce que vous avez fait, mais n’oublieront jamais ce que vous leur avez fait ressentir.

Est-ce que cet état amoureux est transposable à un groupe ?

L’amour en réciprocité est une rencontre extraordinaire, magique et souvent unique entre deux êtres.

Dans le cadre d’un groupe ont pourrait rapprocher cet amour de l’amour charismatique. C’est l’amour du Gourou aimé par ses adeptes, c’est l’amour du chanteur populaire partagé avec ses fans. C’est alors un amour focalisé sur un être extraordinaire.

De la même façon qu’un chanteur peut transcender une foule, celle-ci peut aussi transcender son amour et créer des moments inoubliables. On a des leaders charismatiques, on a des chefs d’entreprises charismatiques.

Ils sont malheureusement peu nombreux et le jour où ils disparaissent, les structures dont ils sont l’auteur se nécrosent, se dénaturent ou se figent dans le souvenir.

Est-ce que d’autres formes d’amour peuvent exister dans un groupe ?

Il y a l’amour non conditionné par la relation à l’autre. L’amour dans la réciprocité a besoin de la relation à l’autre pour exister, alors que l’amour inconditionnel, n’a besoin que du soi et d’un regard bienveillant au monde.

C’est un amour infiniment plus simple à vivre et à transmettre au monde. J’aime l’autre quelque soi son sentiment pour moi, quelque soi ses actions. J’ai confiance en moi et je n’ai pas besoin d’avoir confiance en l’autre puisqu’il est libre d’être et de faire ce qu’il veut.

Lorsqu’un amour inconditionnel rencontre d’autres amours inconditionnels alors ils entrent en harmonie dans un flux vibratoire collectif qui peut changer le monde, l’entreprise ou votre famille.

Belle journée.

* Référence à Jacques Salomé

 

Des labs de parcours projets universitaires pour booster les étudiants

Développer l’initiative dans un contexte qui la limite

Par Virginie Guignard Legros , le 26 juin 2017 | Dernière mise à jour de l’article le 03 juillet 2017 chez Thot Cursus

Comment un employé peut-il être psychologiquement pro-actif lorsqu’il est défini par un cadre de dépendance ?

Trois catégories de personnes se définissent comme potentiellement actives :

  • les jeunes avec ou sans expérience, souvent sont à la recherche d’un travail,
  • les 30-50 ans, la majorité qui a un emploi et
  • les plus de 50 ans, souvent considérées comme obsolètes.

Nous retrouvons les premiers et les derniers dans l’engrenage des stages. Aujourd’hui, un stage est la plupart du temps un emploi à plein temps non ou peu rémunéré. Ceux-ci ne sont pas des sessions d’apprentissage comme nous les trouvions dans le temps, mais des révélateurs de compétences, de leurs compétences qui leur permettra soit de décrocher le job, soit d’avoir un référent qui pourra attester de leurs capacités.

Dans l’absolu, pourquoi pas pour les cadres anciens qui sont restés trop longtemps à leur poste. Pour les jeunes c’est plus embêtant, car, ils se voient contraints de s’adapter immédiatement pour sur-nager. Dans tous les cas, si le stage n’est pas adapté, leur estime personnelle en sera affectée quelque soit leur âge. Si on considère que tout travail mérite un salaire, lequel permet de s’affirmer et d’être autonome et digne, la notion de stage (même un peu rémunéré) peut être vécue de façon très dissonante dans la prise d’un poste, surtout si celui-ci est à responsabilités.

Comment demander à un travailleur de s’impliquer, voire d’être un leader de groupe s’il est soumis à un cadre qui peut être infantilisant et surtout qui le rend dépendant de la société ou de son conjoint ou de ses parents ? Il y a une dichotomie certaine dans le positionnement personnel et professionnel du stagiaire. Comment alors, ce stagiaire peut-il montrer ses compétences de manière optimum ? On retrouve cette même situation dans la recherche d’emploi. Les chercheurs d’emploi sont aujourd’hui des demandeurs d’emploi auprès d’organismes dont ils dépendent financièrement et psychologiquement au lieu d’être des chasseurs d’emploi.

Que s’est-il donc passé pour en arriver à cette situation ?

Une explication simple : cela vient du contexte du demandeur d’emploi ou de stage et de son positionnement. La situation idéale qui serait pertinente est celle du chasseur d’emploi. Des hommes, des femmes ont une vocation et cherchent l’emploi idéal. Ils sont vrais dans leurs attentes, leurs démarches et ont un dialogue franc avec leurs recruteurs. Le rôle du recruteur est alors d’évaluer les compétences et la capacité d’intégration du candidat.

Mais, la situation n’est pas celle-ci. Ils se situent dans un contexte de l’emploi à tout prix et non du bon emploi. Ils sont dans un cadre d’indemnisation des recherches d’emploi qui ne tient ni compte de la pertinence ou de la qualité de cette recherche. Dans ce même cadre, on leur impose même des emplois non adaptés à leurs compétences et à leur personnalité. Ils ont droit à des cours où on leur apprend à formater leur CV selon l’employeur, dans lesquels on les coach à être ce qu’ils ne sont pas, à se vendre comme un produit ménager.

Le souci est que ce n’est qu’un verni qui va vite craqueler dans la prise de poste. Les outils RH ont été développés ces dernières années pour trouver la pépite parmi les faux-semblants. Alors, les recruteurs créent des stages pour être certain d’avoir affaire au bon profil. Résultat, les demandeurs d’emploi peuvent enchaîner de multiples stages avant de décrocher un travail la plupart du temps alimentaire. Si on laisse de côté les stages abusifs créés pour faire des économies, ces stages d’évaluation sont une réponse nécessaire à un système biaisé par la recherche de l’emploi à tout prix qui a pour conséquences d’inonder les bureaux RH de centaines de postulations brillantes dans la forme et le fond, mais hors propos dans la prise de poste.

A ceci vient s’ajouter une transformation humaine de la société qui de lente devient fulgurante ces derniers temps.

Des changements de société se font en parallèle de ceux de management, de structures, d’organisations. De nouvelles générations complètement différentes des anciennes arrivent sur le marché du travail. Les outils RH ne sont plus adaptés pour les évaluer. Et, à côté, il y a les anciens qui se divisent face aux changements : les adaptables, ceux qui suivent les mutations de la disruption actuelle, et les autres, évalués à 15% de la population qui ne pourront pas s’adapter pour diverses raisons. De plus, la moitié d’entre eux vont avoir des réactions agressives face à cette situation.

En Allemagne ils sont appelés des collaborateurs toxiques. Comme ils ne peuvent pas s’adapter, ils vont essayer de freiner les mutations à tout prix, principalement au détriment de leurs collègues et en plus au détriment de leur employeur.  D’où l’importance d’avoir d’excellents outils adaptés au recrutement.

Dans les audits d’optimisation de société réalisés ces dernières années, ils ont été repérés et on estime qu’il sont à la source de très gros soucis financiers pour leurs employeurs.  La situation globale est malsaine. Elle va se réguler avec les nouvelles générations qui, elles, dans le cadre de leurs valeurs cherchent le job qui leur convient et non plus n’importe quel job à tout prix en utilisant n’importe quels moyens à leur disposition. En attendant, est-ce à l’entreprise d’évaluer ses futurs employés ou aux écoles et universités de le faire ? Que font-ces établissements aujourd’hui ?

“Longtemps, les universités, les écoles ont formé des professionnels sur la base de théories, laissant le jeune diplômé démuni face au monde du travail. Il devait alors se former sur le tas au monde du travail par itérations ou par stages. Aujourd’hui, seuls les meilleurs trouvent un premier emploi. Les autres se retrouvent au chômage ou font une course en avant des diplômes qui à terme les fera plonger plus loin car surdiplômés, ils seront en surcapacités théoriques par rapport à leur statut de jeunes professionnels.

Les écoles, les universités cherchent des alternatives à cette situation. La Sorbonne par exemple, pour solutionner cette problématique, essaye aujourd’hui de faire des liens, des associations de compétences, entre les tâches réalisées par ses alumnis dans le cadre de leur travail, avec les enseignements théoriques qu’elle dispense afin de trouver des arguments de valorisation de ses étudiants sur le marché du travail”.

Source : Les compétences face aux savoirs théoriques dans notre société actuelle par Virginie Guignard Legros – Thot Cursus

Est-ce suffisant d’aider à faire le lien entre les diplômes et les compétences métiers ? Y-a-t-il d’autres alternatives ?

Les alternatives que l’on commence à voir émerger sont celles de lab d‘expérimentations, de parcours-projets voir même d’entreprises universitaires. 

Le parcours projet le plus mythique en francophonie est le GdP-Lab du MOOC GdP. Dans le cadre des MOOC, il est unique. Une centaine d’étudiants deux fois par an se réunissent à distance de l’Afrique à Paris, en  passant par Haïti, le Québec, la Suisse… Ils s’agrègent autour d’un porteur de projet et passent 5 semaines intenses sur la création d’un projet. Au terme de cette expérience, ils sauront qui ils sont, dans quel rôle il sont à l’aise dans un groupe et ce qu’ils peuvent apporter à un projet. Ils sont sortis du cadre théorique de la certification en gestion de projet pour devenir des professionnels de la gestion de projet.

Un autre exemple est l’entreprise universitaire. Initiée par les professeurs et l’administration elle crée un environnement équivalent à l’entreprise afin que les étudiants et les jeunes diplômés puissent se confronter au monde du travail dans une entreprise pilote sur de vrais projets. C’est une formule intéressante pour les pays en voie de développement car ces entreprises permettent aussi d’aider à la construction des infrastructures du pays, ce qui est encore plus valorisant pour tous les intervenants.

Nous trouvons aussi tout droit venus de Finlande, les formations entrepreneuriales comme celle du CAS de la HES-SO du Valais en Suisse, qui n’apprend plus à ses étudiants par la théorie, mais par la création entrepreneuriale. Et, chacun selon ses compétences prendra sa place dans chaque projet.

“La formation a comme objectif d’acquérir de nouveaux outils et méthodes permettant de rendre opérationnels des changements systémiques. Mais également de pouvoir être armé afin d’identifier les leviers et de détecter les résistances aux changements.

Sans oublier que l’une des clés de la réussite d’un changement ou d’une organisation dite libérée est la capacité à coopérer dans un climat de confiance. Cette dynamique organisationnelle est finalement dépendante de la posture du leader. Une partie d’introspection et du coaching avec les chevaux permettront de finaliser cette transformation”.

Sources : Site HE-SA Valais – CAS Management de la transformation

Quels enjeux pour mettre en place de telles structures ?

L’idéal serait d’apprendre un métier ou des compétences à l’école ou à l’université, de les maîtriser par le projet et de les adapter à son futur travail et non d’apprendre tant bien que mal sur le tas, voire péniblement comme c’est le cas dans beaucoup de situations aujourd’hui.

Le projet dans ce cas n’a pas d’enjeux professionnels au-delà du cadre d’apprentissage, c’est une aire de liberté, de découverte qui laisse place à l’innovation, voire à l’erreur. Mais, des étudiants qui ont l‘habitude de ne répondre qu’à des quiz basiques, soit à un cadre formaté qui ne leur demande que de faire travailler leurs connections mnémoniques, peuvent-ils devenir créatifs et agiles tel que le demande la participation à un projet ?

Les quiz sont des outils pratiques d’évaluation de masse. Il est important d’être très attentif à la qualité de leurs contenus.

“Pour qu’ils remplissent leur fonction dans l’apprentissage, les quiz doivent être fréquents [3]. A ce titre, les quiz à correction automatique (type QCM ou autres exercices avec drag&drop) sont plus simples à systématiser car ils n’exigent aucun effort de correction. De tels quiz peuvent avoir un effet tout aussi bénéfique, à condition d’être bien rédigés : les propositions fausses doivent correspondre à des erreurs qui peuvent être réellement faites par les apprenants [4]. Un QCM efficace est un QCM dans lequel l’apprenant doit faire un effort cognitif réel pour trouver la ou les bonne(s) réponse(s), et non un QCM dans lequel il les trouve par simple élimination”.

Source : http://blog.didask.com  Les difficultés désirables au service des apprentissages durables par Alice Latimier

Un cerveau qui n’a pas pratiqué l’initiative pendant plusieurs mois, voire plusieurs années ne peut pas devenir créatif ou constructif ou leader du jour au lendemain, c’est la gymnastique des neurone qui est en jeu. C’est pourquoi avant d’implanter un lab projet, les enseignants, les directions des établissements doivent réfléchir à comment nourrir l’étudiant pour le rendre indépendant et en faire un chasseur d’emploi autonome et un futur employé efficace dans son cadre de travail.

Source image: Pixabay – Geralt 

De la pomme savoureuse à la réalité augmentée

Plus on se rapproche de la réalité, plus les défauts paraissent dérangeants

Par Virginie Guignard Legros , le 05 juin 2017 | Dernière mise à jour de l’article le 05 juillet 2017 chez Thot Cursus

Réalités virtuelles incomplètes

Pour comprendre où en est le monde face aux réalités virtuelles, on peut faire un parallèle entre l’Apple II et l’Oculus Rift. Ils sont tous les deux pas très beaux, pas très ergonomiques, assez contraignants, mais, si nous les inscrivons dans leurs époques respectives, ils ouvrent la porte à de gigantesques champs du possible.

Ils prennent place dans une timeline bêta qui aboutira plus tard à des développements plus proches de l’utilisateurs, du design, des usages et de besoins futurs.

Il y a 40 ans, 1977 fut l’année de la création du logo d’Apple et de l’Apple II.

“Sa première version sort en avril 1977. C’est le premier micro-ordinateur à avoir un succès grand public. Il a une ROM 16 ko, RAM 4 ko, 8 slots d’extension dans laquelle on peut mettre une carte graphique couleur… Son formidable succès commercial a décidé I.B.M. à construire son P.C”. Tiré du site Portices.fr 

Aujourd’hui : Oculus Rift : le casque de réalité virtuelle incontournable.

“Avouons-le : s’il y a un seul casque que la plupart des gens connaissent, c’est bien celui-ci. L’Oculus Rift a été celui qui a lancé la course aux casques VR, il reste l’un des plus aboutis et le plus connu à ce jour. Racheté par Facebook,…”Guide et comparatif des casques de réalité virtuelle, tiré du site realitésvirtuelles.com  

Quelles limites à la réalité virtuelle d’aujourd’hui ?

Si nous parlons matérialisation, en dehors des limitations techniques, comme la puissance des machines, le prix du matériel, les contenus limités, c’est celle de la mauvaise qualité de la réalité virtuelle d’imitation qui est ressentie comme la plus gênante :

“Connaissez vous la théorie de la vallée dérangeante ? …Cette théorie a été avancée par un roboticien japonais du nom de  Masahiro Mori. Elle touche essentiellement le monde de la robotique et annonce que plus un robot ressemble à un être humain, plus les défauts du robot, qui l’éloignent de la ressemblance à l’être humain, paraissent monstrueux. Cette théorie dépasse le cas de la robotique, la théorie a été instaurée en 1970, et touche maintenant tout élément virtuel ou artificiel qui tente de mimer le réel”. Quelles sont les limites de la réalité virtuelle ? tiré du site realitevirtuelle.com par Tarik H.

Cette théorie, valable pour les jeux vidéos et les rendus d’images de synthèse, se projette bien au-delà de ces limites. Nous touchons maintenant à la problématique de l’humain augmenté. Nous ne parlons plus du robot qui imite mal l’homme, mais de l’homme avec son équipement, qui n’est pas encore à la hauteur de la technologie émergente.

Hier nous rêvions de réalité virtuelle imitative submersive. L’humain se projetait dans un décor virtuel, dans un jeu de façon constructiviste. C’est son esprit qui entrait dans le virtuel, dont la technologie de type Oculus est l’aboutissement. Aujourd’hui, nous pouvons construire avec le virtuel grâce à cette même technologie. Par exemple, des savoirs d’anatomie médicale sont capitalisés ou nous pouvons opérer un malade grâce au virtuel.

Cela ne se fait plus par la construction de l’esprit ni par le biais de manettes. C’est le mouvement de la main, du corps qui expérimentent, qui créent, qui consulte, qui fabrique… Ce n’est plus l’esprit, mais la vie qui émerge, dialogue avec la réalité augmentée. Il n’y a pas que le quotidien de l’homme qui est augmenté. Nous observons aussi le phénomène qui va se formaliser dans sa chair.

Quels genres de développements sont à nos portes?

L’homme va vers non plus une réalité virtuelle, mais une réalité augmentée, qui va nécessiter bientôt que celui-ci s’augmente technologiquement pour suivre le rythme des innovations. Demain, plus de casque de réalité virtuelle mais des lentilles et après-demain l’homme sera modifié avec des implants pour être en symbiose avec la technologie ou avec son métier. Le fameux robocop n’est pas très loin. Des soldats amputés sont déjà équipés de jambes artificielles expérimentales hyper-puissantes. Dans quelques années, qui sait, s’amputer les jambes pour être soldat ou policier sera peut-être une condition sine qua non. De ce fait, le robot ouvrier ou de compagnie aux côtés de l’homme augmenté sera peut-être différent de celui imaginé aujourd’hui.

Il est fort probable que le robot en tant que tel n’existe que sur des chaînes d’assemblage ou pour effectuer des tâches précises comme faire du déminage. C’est plutôt vers l’intelligence artificielle du robot qu’il faut tourner notre regard. Elle semble se déployer aujourd’hui pour optimiser les prothèses ou les accessoires.

Déjà, technologiquement, nous pourrions tous ouvrir notre porte d’entrée avec la reconnaissance vocale ou une interaction quelconque avec un bot (programme d’intelligence artificiel limité à des tâches précises), comme nous parlons aujourd’hui avec notre téléphone portable. Demain, nous pourrons dire à ce même bot : je veux voir New York depuis mes fenêtres ou voir un coucher de Soleil à midi sans mettre ni lentilles, ni casques. Car, il existe aussi plusieurs possibilités comme changer le visuel des meubles, des fenêtres et des murs dans l’univers des cuisines d’avant garde. Nombre d’innovations actuelles, avec l’imagination des créatifs, se transformeront en objets du quotidien matériel et non plus immatériel comme ces dernières années.

Le virtuel laisse sa place au quotidien augmenté. Le virtuel n’est plus immatériel, il vient habiller le matériel. Il y a là aussi interpénétration entre l’univers virtuel et le monde réel, comme pour l’homme augmenté.

Quel impact sur les formations futures ?

Une multitude d’outils et de programmes vont se développer avec les technologies. Des programmes préformatés, mais aussi développables par l’enseignant et en plus par les élèves, des travaux améliorables et capitalisables par la suite. Cela permettra de créer des enseignements plus proches des élèves, de leurs besoins et questionnements.

Chaque surface pourra se transformer en autre chose que ce qu’elle est, en tableau, en écran, en fenêtre sur un autre univers géographique ou historique. Les enseignements vont se reposer sur une matérialisation différente de la salle de classe et de l’information. Une classe augmentée se structurera en toute liberté dans le volume de la salle de classe.

L’immersion virtuelle ou augmentée va permettre des expériences de chimie en toute sécurité, d’étudier l’anatomie ou de visiter un lieu historique ou même de concevoir un univers imaginaire. Hier, la nature de l’objet était défini par sa réalité physique, une craie, un tableau, des cahiers, des crayons, des livres. Demain, l’étudiant ne sera plus entouré d’objets, mais de supports multiples possibles pour expérimenter une réalité augmentée.

La réalité augmentée va demander de modifier les champs de compétences des nouveaux métiers et des élèves. En Chine, depuis plusieurs années, les classes de primaires sont équipées avec des ordinateurs et de logiciels de CAO associés à des imprimantes 3D. On estime que les premières volées opérationnelles de futurs créatifs chinois adolescents vont arriver sur le marché économique d’ici à 3 ans.

Créer des objets pour l’industrie, créer des modélisations pour la réalité virtuelle, concevoir de nouvelles applications pour tous les secteurs de l’économie, les choix éducatifs sont des choix de société, mais aussi d’avenir économique. Des matières essentielles ne sont toujours pas enseignées dans nos écoles, comme le code informatique qui demeure une langue étrangère pour la plupart d’entre-nous.

Quel monde demain ?

C’est le rapport à la réalité physique qui va surtout changer. La valeur de cette réalité physique passe par plusieurs stades. Un stade d’engouement aveugle pour la nouveauté, le virtuel, qui va laisser la réalité virtuelle de côté. Une phase de stabilisation du phénomène, voir d’indifférence, pour retrouver plus tard, dans un troisième temps, la valeur de cette réalité physique originelle. Est-ce que celle-ci sera juste atypique ou est-ce que le naturel reprendra ses droits. Rien n’est écrit, ni certain.

Au départ, face à la nouveauté, “la réalité qui aura moins de valeurs que la réalité virtuelle”, c’est ce que l’on vit actuellement. Les jeunes sont noyés dans la réalité virtuelle des jeux et n’en sortent plus. Pourquoi ? Parce que c’est plus simple de se projeter dans le virtuel que dans un futur incertain. Mais, aussi parce que le jeu est lié à la machine, à l’ordinateur et que celui-ci est posé dans un lieu précis, souvent à l’intérieur, excluant donc les interactions avec l’extérieur.

Les nouvelles technologies de jeux du style Pokemon Go ou Opticale ont ouvert une voie inédite. C’est une immersion en milieu ouvert, en ville, à la campagne. La situation n’est toujours pas idéale, car, passant encore par un objet, le téléphone, qui va perturber l’inclusion du joueur dans le monde réel. Le souci aujourd’hui se formalise par la faible communication entre le monde réel par rapport à l’immersion du jeux et surtout par la rupture de communication de ce que l’autre voit ou vit ce qui l’exclut de l’aventure augmentée de son voisin.

L’avenir va éventuellement tendre vers l’hyper-connexion entre les gens avec la permanence de réalités superposées multiples. Avec la réalité physique comme cadre de la vie, la réalité urbaine citoyenne des objets connectés, des implémentations de publicités augmentées, qui se formaliseront pour tous au mêmes endroits, mais avec un contenu différent. Les personnes se proméneront avec leurs animaux virtuels visibles de tous, ce qui créera du lien social et peut-être mon fils se promènera-t-il dans Gotham City, et moi dans la ville de Genève au naturel.

Des perceptions différentes de la réalité avec les points de repères communs. L’essentiel au final est que les pommes virtuelles ne se mangent pas, que la réalité des feux piétons demeure et autres détails de cet ordre.

Illustration : Raedon – Pixabay

Autres sources

Rélaité virtuelle – http://www.realite-virtuelle.com/quelles-sont-les-limites-realite-virtuelle

Lifeboat Foundation – https://lifeboat.com/blog/category/augmented-reality

La réalité virtuelle et augmentée pour l’apprentissage – Laurent Moccozet et Patrick Roth – Ciel
https://ciel.unige.ch/2016/02/la-realite-virtuelle-et-augmentee-pour-lapprentissage/

Décentralisation et citoyenneté, le pouvoir des communautés et des académies

S’impliquer localement, s’occuper de ses propres affaires

Par Virginie Guignard Legros , le 29 mai 2017 | Dernière mise à jour de l’article le 05 juin 2017 chez Thot Cursus

Aujourd’hui, grâce aux outils collaboratifs en ligne, les citoyens d’un Etat ou d’une communauté sont interconnectés et peuvent participer à la construction du monde de demain. Que le citoyen soit proche géographiquement ou non de l’entité à laquelle il s’identifie n’a pas d’importance. Il est interconnecté au monde à travers la diaspora des pixels.

Après la décentralisation des compétences des territoires, la décentralisation fonctionnelle des établissements, nous assistons à la décentralisation des idées citoyennes.

Les formes connues de la décentralisation francophone occidentale

“La décentralisation mise en œuvre par les Etats occidentaux à l’égard des collectivités locales connaît des similitudes nombreuses pour la résolution des problèmes d’organisation territoriale et le droit comparé constitue une aide utile pour identifier les difficultés communes rencontrées par les Etats fédéraux ou unitaires.

L’étude des situations belges, canadiennes et françaises permet de constater que la mise en œuvre des processus de décentralisation transcende assez souvent les distinctions classiques des formes d’organisation de l’Etat.

L’analyse des statuts constitutionnels et celle des moyens, juridiques, financiers et humains, montrent de nombreuses corrélations sans gommer les persistances nationales… Elles ont été produites dans le cadre d’une coopération scientifique réunissant les centres de recherches en droit public des universités de Louvain, Ottawa et Rennes”.

Description des actes de colloques de la Faculté de Droit et de Science politique de Rennes du 18 et 19 novembre 2004 : La mise en œuvre de la décentralisation – étude comparée France, Belgique, Canada 

L’exemple de la France :

“Par un long processus de décentralisation, la France, qui était un État unitaire très centralisé, est aujourd’hui un État déconcentré et décentralisé (loi du 6 février 1992 relative à l’administration territoriale de la République, dite “loi ATR”).

La décentralisation est consacrée par l’article 1er de la Constitution, selon lequel “l’organisation [de la République française] est décentralisée…On distingue la décentralisation territoriale et la décentralisation fonctionnelle. Dans la décentralisation territoriale, les autorités décentralisées sont les collectivités territoriales ou locales (communes, départements, régions, collectivités à statut particulier et collectivités d’outre-mer)…

Dans la décentralisation fonctionnelle ou technique, les entités décentralisées sont des établissements publics chargés de gérer un service public(universités, hôpitaux publics, musées nationaux, régions entre 1972 et 1982)“.

Texte tiré de www.vie-publique.fr 

A ces deux formes de décentralisation, il faut en ajouter une troisième qui est liée au citoyen.

La décentralisation des idées citoyennes debout et en marche en France

Le protocole classique de transmission des idées citoyennes passe par les partis idéologiques qui proposent leurs idées au peuple et qui les valident par le processus électoral puis sont ensuite relayées aux plus hautes instances de l’Etat.

Aujourd’hui, on observe une appropriation par des groupes de citoyens de leurs destinées selon le concept de la diaspora de l’information. C’est une décentralisation de la décision que peut activer n’importe quel citoyen lambda et qui prend place au sein de communautés de vies, de villages, de villes, de corporations ou simplement de nouveaux mouvements, comme les nouveaux partis apparus en France lors de l’élection présidentielle 2017.

Sur le site par exemple du Mouvement en Marche, on y trouve le texte suivant :

“Mais quelle que soit votre histoire, quelles que soient vos origines politiques nous vous invitons à en réinventer les codes avec nous”.

Texte tiré du site internet. https://en-marche.fr/

On retrouve aussi la même dynamique sous un angle plus alternatif dans le mouvement de Nuit Debout :

“ensemble des personnes liées par le contrat social qui établit leur souveraineté comme exercice de leur volonté générale”.

Texte tiré du Wiki Nuit Debout

Ainsi, nous voyons émerger des mouvements citoyens, basés sur la volonté de reprendre leur droit à la parole en particulier sur les décisions influencant leur vie de tous les jours. On peut sans doute faire un parallèle entre les changements de paradigmes actuels.

Hier, la connaissance était déclinée selon la valorisation hiérarchique de la pensée intellectuelle vers les tâches subalternes les plus petites. Aujourd’hui, la data renverse cet ordre des choses, c’est l’infiniment petit des parcelles d’information, des pixels qui est l’or de demain et l’interprétation qui en est faite n’est qu’une variable algorithmique destinée à répondre à une question.

Le citoyen serait-il lui aussi en train de devenir la valeur incontournable de demain ? C’est fort possible.

Quel impact sur les formations de demain 

Aujourd’hui, la plupart des programmes éducatifs sont mis en place pour mener des masses nationales ou régionales d’écoliers et d’étudiants aux diplômes selon un principe d’égalité.

C’est à dire qu’il y a un programme unique pour des centaines, des milliers, voire plus, d’êtres apprenants à former. Ces programmes standardisés sont égalitaires pour chaque étudiant, mais les taux d’échec font réfléchir à de nouveaux chemins plus équitables. En effet, si vous demandez à une panthère et à un cerf de monter à un arbre, ils sont tous les deux des êtres vivants et intelligents, mais, ils n’ont pas développé de par leurs différences les mêmes compétences. La valorisation des différences est une clef stratégique de la nouvelle éducation émergente.

Comment accompagner ces mutations alors que nous sommes à cheval entre deux façons de faire; le monde précédant fonctionnant selon le modèle hiérarchique d’avant la disruption et le monde émergeant qui veut valoriser l’apprenant en tant qu’individu ? La tentation de personnes oeuvrant selon le modèle ancien pourrait naturellement se formaliser par la décision de regrouper les élèves par classes typologiques pour permettre à tout un chacun d’être valorisé selon ses différences. Ceci peut être une tentation qui à terme peut accentuer les clivages de société. Nous pourrions alors voir sur-émerger des communautés de douance, de compétences, de différences, comme déjà on peut en constater l’existence pour les hautes écoles ou les handicaps comme celui de la surdité.

Notre façon de manager les formations aura un impact sur la structure de nos sociétés de demain. Une vie collective riche et unie ne pourra se mettre en place que par un modèle de formation qui permettra l’intégration des différences dans tous les niveaux structurels de son organisation.

La classe de demain devra pour ce fait être inclusive des différences et des compétences des uns et des autres. Manager la différence n’est pas juste l’accompagner. L’enjeu de l’éducation de demain est de faire des étudiants, des citoyens à part entière, qui vont vivre et agir ensemble. Pour y arriver, il faut que chacun trouve sa place dans la variété de la communauté de la maternelle à l’université.

Illustrations : Hôpital par Corgaasbeek
Marins
 par Squeeze 

Sources

Osons le Cercle d’apprentissage

Attendre après qui ?

Par Virginie Guignard Legros , le 11 septembre 2017 | Dernière mise à jour de l’article le 18 septembre 2017 chez Thot Cursus

Face aux mutations sociales, les coachs, les RH et les formateurs ressentent le besoin d’innover et se regroupent depuis quelques temps dans des groupes de travail indépendants des systèmes traditionnels, afin de trouver de nouvelles méthodologies et façons d’agir dans le cadre de l’enseignement et de la transmission des savoirs.

L’un d’entre eux est le #CercleAPE, association think tank qui a vocation à trouver les nouvelles façons d’apprendre ensemble. Elle est née en août 2015, suite à un appel à contribution de Denis Cristol,  Directeur de l’ingénierie et des dispositifs de formation du CNFPT, chercheur associé à Paris Ouest Nanterre et rédacteur chez Thot Cursus.

Au départ, celui-ci a eu envie d’expérimenter ce qu’il a pu voir lors d’un voyage au Canada. Rapidement, cela devient un groupe de 3 personnes avec Virginie Guignard Legros, auteur de cet article et Jocelyne Turpin, la fameuse MISS MOOC. Très vite, ils sont devenus une communauté, voire un mouvement de 900 personnes à travers la francophonie.  

Celle-ci s’est créée depuis les réseaux sociaux des uns et des autres et s’est catalysée sur LinkedIn autour d’un MOOC connectiviste basé sur la bienveillance, l’empathie, les échanges entre pairs en présentiel et à distance. Le programme était riche et répondait en écho aux besoins des uns et des autres. Ce fut une révélation pour beaucoup.

Expérimenter

Le concept était d’expérimenter par groupes locaux présentiels ou internationaux distanciels des idées et de développer des solutions avec les potentialités des uns et des autres. Ce fut une belle aventure vécue par 25 groupes répartis principalement en France, Belgique, Suisse et Canada.

L’aventure dura 6 mois avec une énorme envie d’échanger entre pairs. Un rassemblement fut alors organisé sur Paris pour répondre à ce besoin. Cent personnes furent présentes au rendez-vous et ont participé à des ateliers de restitution et de synthèse des vécus, mais se sont retrouvées aussi pour trouver des réponses à des pourquoi et des comment. Pourquoi es-tu là ?

“Parce que je suis prof, que j’expérimente en classe. C’est ce que j’aime faire. Mais, je ne suis pas théoricienne et j’ai besoin de gens qui le fassent pour moi”.

“Parce que je suis RH et que je n’arrive pas à appréhender les nouvelles générations que nous allons embaucher. Et, j’aimerai avoir des pistes pour savoir comment les manager”.

Un an plus tard, des projets se remirent en marche dont principalement celui d’un hackathon sur Paris. Celui-ci consiste en un week end à développer des réflexions, applications sur des sujets posés par des sponsors autour des questions du management, de la formation, des archives en groupe ou/et selon les nouvelles technologies.

Plus d’infos sur les défits

Que de chemin parcouru depuis le groupe d’apprenants du début, devenus des penseurs inspirés puis des acteurs recherchant des solutions en 2 ans. La gouvernance a aussi changé. Elle est passée de team design à des cercles thématiques, donnant plus de sens et plus de direction pour finalement se structurer dernièrement en 2 associations.

Action et communication

Une association administrative pour gérer le hackathon, les projets parisiens et une autre communautaire pour lier les membres distanciels entre eux. Pourquoi se structurer ? La raison principale est que lorsque l’on devient organisateur avec des partenaires, on a besoin d’ouvrir un compte en banque, de prendre une assurance…C’est purement administratif.

De nouvelles têtes émergent avec des compétences complémentaires à celles des fondateurs du début. Les responsabilités s’affinent tout en n’étant pas liées à une seule personne ou à un groupe décisionnel. Le groupe, le cercle est un et multiple et peut à tout moment se structurer en d’autres associations à travers le monde. Il est organique.

C’est un groupe qui se structure en rentrant dans un cadre administratif. Il innove en permanence. On ne trouve pas assez de fonds ? On va écrire un livre collectif, un Sprintbook édité en série limitée pour financer l’événement. Et, cela fonctionne, le livre est écrit à 80% sur un week end.

Quelques semaines plus tard, il part chez l’imprimeur. Le livre s’appelle : “Osons le cercle d’apprentissage”. Il va sortir fin septembre et va parler de toute cette aventure, des savoirs, des méthodologies possibles, des choses à éviter. C’est un ouvrage opérationnel par des professionnels qui ont vécu ce qu’ils transmettent.

Le message de ce livre est clair et va au delà du #CercleAPE. Vous avez un besoin ? Vous êtes une communauté ? Alors lancez-vous maintenant, car c’est aujourd’hui que tout se joue. Pourquoi attendre que votre institution, que vos collègues soient prêts ? Innover en formation, c’est bouger au bon moment pour répondre à un besoin réel.

Si vous êtes prêts et que d’autres le sont aussi comme vous, alors lancez-vous ! La disruption que le monde vit aujourd’hui est énorme, les jeunes qui arrivent dans vos classes, dans vos bureau sont différents. Prenez de l’avance, cela ne sera pas perdu alors que le retard sera toujours trop tard.

Illustration : Geralt – Pixabay

Plus d’infos sur les projets du Hackathon et pour vous procurrer le livre : https://cercleape.com/

Lien pour participer au crowdfunfding

Acteurs dans l’infini de la réalité virtuelle

L’envahissement du quotidien par réalités superposées

Par Virginie Guignard Legros , le 21 août 2017 chez Thot Cursus

Voyage dans des storytellings immersifs de demain ou un chemin à travers des possibles de la réalité virtuelle.

Prenons comme exemple un film qui transmet des informations et des valeurs importantes ou des nouvelles à intégrer. Ça peut être un documentaire, un film d’animation, une fiction, un espace géographique ou historique. L’idée est d’intégrer l’ensemble des idées et connaissances pour appréhender toutes les facettes du film à 360°, de se servir du design, de l’univers, des personnages pour démultiplier l’impact du film au-delà de ses limites. Vivre l’univers et dans l’univers du film au quotidien. “Aujourd’hui je veux vivre comme à Gotham City, ce soir, je veux vivre comme un pirate et m’endormir avec la fée clochette qui me lit une histoire annonçant la prochaine sortie cinéma”.

Le principe est de se servir des technologies connectées associées à la réalité augmentée, cela peut être un mur écran, une montre, un iPhone… avec une multitude de points d’entrée identifiés à travers la ville ou à la maison.

Par exemple, un écran géant qui prend la forme d’une fenêtre dans votre appartement. Le nouveau Batman vient de sortir et par cette fenêtre vous pouvez-voir vivre Gotham City, fenêtre ouverte et fenêtre fermée. Voici un premier point d’entrée. En complément de cet écran géant, on associe une intelligence artificielle immergée dans le monde de Gotham qui peut prendre l’apparence de personnages secondaires ou principaux du film, qui entrent en interaction avec vous, vos proches ou votre classe.

Contexte sur demande

Vous aimez ou vos élèves aiment que l’on lise des histoires alors Grand’pa IA (intelligence artificielle), va vous lire des histoires de votre choix, selon l’apparence que vous souhaitez. Votre enfant, vos élèves doivent apprendre leurs maths, vous pourrez sélectionnez la leçon du jour qui sera animée selon le choix des bambins par un professeur policier, ou une crapule, voire même Batman, ou Winnie l’Ourson pour une même leçon. Un prof différent, un langage, une stature, une immersion différente, mais une information identique ou une information adaptée selon les options pédagogiques. Nous entrons dans l’aire des univers qui vont habiller nos enseignements et nos apprentissages selon des modes et couleurs hors du cadre du quotidien.

Cela ne va pas s’arrêter à la classe ou à la famille, cela prendra son expansion à tous les niveaux de nos vies, la rue, les commerces, les loisirs. Vous aimez la mode de Gotham ou de Sim City, vous pourrez choisir sur écran tablette ou miroir, ce qui va convenir à votre silhouette. Vous pourrez passer commande à votre vendeur virtuel ou en présentiel.  Et, de la même façon, soit agrémenter votre garde-robe virtuelle, soit acheter les vêtements qui vous plaisent. Vous pourrez aussi passer aussi des vacances à moindre coût dans des lieux définis à partir desquels vous pourrez vivre des aventures extraordinaires. Votre rapport à votre corps changera, il va s’augmenter d’un nouveau champ du possible qui est celui de vecteur de storytelling. Vous pourrez être quelqu’un d’autre à la demande.

Avec vos lentilles ou vos téléphones mobiles vous pourrez recevoir des messages sur des lieux précis ou aléatoires à travers le monde. Hier vous pouviez le faire soit par le Wifi de certaines enseignes, soit par des QR à scanner, soit par des kiosques réels qui vous vendent les infos du jour de votre univers.  Vous pouviez aussi vous connecter sur les bases de données de vos voisins que vous pouviez localiser via une App de téléchargement, de meeting, de stratégie globale. Demain tous ces appareils seront interconnectés, comme vous le serez sans doute vous-même et si pas, alors, ce seront vos enfants. Avez-vous déjà eu un animal imaginaire ? Quel sera la différence avec avoir un animal virtuel ?

Réalité virtuelle professionnelle

Cette réalité qui paraît très excentrique pourra être aussi factuelle et même professionnelle. J’ai accès à toute ma communauté par mon App, qui me permet de rencontrer mes pairs, ou de donner RDV à des utilisateurs experts, d’avoir des conseils, d’accéder à la base de données globale, à des extensions créées par d’autres utilisateurs. Je me promène dans mon quartier et s’y affichent des QR ou des symboles sur certains produits de consommation courante ou atypique. Je scanne… et en fonction de l’univers que j’ai choisi et d’un certain paramètrage aléatoire…, j’ai des informations ciblées qui me sont communiquées sur une mission du jour à accomplir, de l’argent virtuel déposé sur ma carte, un bout d’histoire drôle…

Et, si vous aimez jouer, cette nouvelle façon d’optimiser le monde vous proposera des jeux. Une marque de magasin est partenaire du film Spiderman : les promotions s’affichent sur mon téléphone. Si vous achetez un T-shirt, vous avez le droit à une énigme personnalisée et des bons de réductions chez d’autres enseignes partenaires du film, vos bons seront valables partout à travers le monde. Vous pourrez les échanger comme des images ou en échange de la solution à votre énigme. Demain sera le lieu de la gamification, des interactions virtuelles et collaboratives sur toute la planète connectée.

“Une énigme est lancée à Berlin, vous l’avez décryptée, elle est résolue par des chinois en vacances qui transmettent plus loin des codes promos sur votre communauté, vous permettant d’être à la fois participant et bénéficiaire de ces belles collaborations selon des enjeux de storytelling”.

Il n’y a pas de durées définies à ces systèmes, sauf celles de l’épuisement des usagers, des fans. Le système est lancé à un moment T, mais si on ouvre les codes, les champs d’extension, ils peuvent se démultiplier à l’infini et être utilisés par des utilisateurs par millions.

Vous êtes alors désormais, à la fois un et un million.

Sources

Textes :  Virginie Guignard Legros 2015 – Parcours étudiant du MOOC “Comprendre le Transmedia Storytelling” sur Fun-mooc.fr – Université Bordeaux Montaigne

Image : Pixabay par Pexels