Des labs de parcours projets universitaires pour booster les étudiants

Développer l’initiative dans un contexte qui la limite

Par Virginie Guignard Legros , le 26 juin 2017 | Dernière mise à jour de l’article le 03 juillet 2017 chez Thot Cursus

Comment un employé peut-il être psychologiquement pro-actif lorsqu’il est défini par un cadre de dépendance ?

Trois catégories de personnes se définissent comme potentiellement actives :

  • les jeunes avec ou sans expérience, souvent sont à la recherche d’un travail,
  • les 30-50 ans, la majorité qui a un emploi et
  • les plus de 50 ans, souvent considérées comme obsolètes.

Nous retrouvons les premiers et les derniers dans l’engrenage des stages. Aujourd’hui, un stage est la plupart du temps un emploi à plein temps non ou peu rémunéré. Ceux-ci ne sont pas des sessions d’apprentissage comme nous les trouvions dans le temps, mais des révélateurs de compétences, de leurs compétences qui leur permettra soit de décrocher le job, soit d’avoir un référent qui pourra attester de leurs capacités.

Dans l’absolu, pourquoi pas pour les cadres anciens qui sont restés trop longtemps à leur poste. Pour les jeunes c’est plus embêtant, car, ils se voient contraints de s’adapter immédiatement pour sur-nager. Dans tous les cas, si le stage n’est pas adapté, leur estime personnelle en sera affectée quelque soit leur âge. Si on considère que tout travail mérite un salaire, lequel permet de s’affirmer et d’être autonome et digne, la notion de stage (même un peu rémunéré) peut être vécue de façon très dissonante dans la prise d’un poste, surtout si celui-ci est à responsabilités.

Comment demander à un travailleur de s’impliquer, voire d’être un leader de groupe s’il est soumis à un cadre qui peut être infantilisant et surtout qui le rend dépendant de la société ou de son conjoint ou de ses parents ? Il y a une dichotomie certaine dans le positionnement personnel et professionnel du stagiaire. Comment alors, ce stagiaire peut-il montrer ses compétences de manière optimum ? On retrouve cette même situation dans la recherche d’emploi. Les chercheurs d’emploi sont aujourd’hui des demandeurs d’emploi auprès d’organismes dont ils dépendent financièrement et psychologiquement au lieu d’être des chasseurs d’emploi.

Que s’est-il donc passé pour en arriver à cette situation ?

Une explication simple : cela vient du contexte du demandeur d’emploi ou de stage et de son positionnement. La situation idéale qui serait pertinente est celle du chasseur d’emploi. Des hommes, des femmes ont une vocation et cherchent l’emploi idéal. Ils sont vrais dans leurs attentes, leurs démarches et ont un dialogue franc avec leurs recruteurs. Le rôle du recruteur est alors d’évaluer les compétences et la capacité d’intégration du candidat.

Mais, la situation n’est pas celle-ci. Ils se situent dans un contexte de l’emploi à tout prix et non du bon emploi. Ils sont dans un cadre d’indemnisation des recherches d’emploi qui ne tient ni compte de la pertinence ou de la qualité de cette recherche. Dans ce même cadre, on leur impose même des emplois non adaptés à leurs compétences et à leur personnalité. Ils ont droit à des cours où on leur apprend à formater leur CV selon l’employeur, dans lesquels on les coach à être ce qu’ils ne sont pas, à se vendre comme un produit ménager.

Le souci est que ce n’est qu’un verni qui va vite craqueler dans la prise de poste. Les outils RH ont été développés ces dernières années pour trouver la pépite parmi les faux-semblants. Alors, les recruteurs créent des stages pour être certain d’avoir affaire au bon profil. Résultat, les demandeurs d’emploi peuvent enchaîner de multiples stages avant de décrocher un travail la plupart du temps alimentaire. Si on laisse de côté les stages abusifs créés pour faire des économies, ces stages d’évaluation sont une réponse nécessaire à un système biaisé par la recherche de l’emploi à tout prix qui a pour conséquences d’inonder les bureaux RH de centaines de postulations brillantes dans la forme et le fond, mais hors propos dans la prise de poste.

A ceci vient s’ajouter une transformation humaine de la société qui de lente devient fulgurante ces derniers temps.

Des changements de société se font en parallèle de ceux de management, de structures, d’organisations. De nouvelles générations complètement différentes des anciennes arrivent sur le marché du travail. Les outils RH ne sont plus adaptés pour les évaluer. Et, à côté, il y a les anciens qui se divisent face aux changements : les adaptables, ceux qui suivent les mutations de la disruption actuelle, et les autres, évalués à 15% de la population qui ne pourront pas s’adapter pour diverses raisons. De plus, la moitié d’entre eux vont avoir des réactions agressives face à cette situation.

En Allemagne ils sont appelés des collaborateurs toxiques. Comme ils ne peuvent pas s’adapter, ils vont essayer de freiner les mutations à tout prix, principalement au détriment de leurs collègues et en plus au détriment de leur employeur.  D’où l’importance d’avoir d’excellents outils adaptés au recrutement.

Dans les audits d’optimisation de société réalisés ces dernières années, ils ont été repérés et on estime qu’il sont à la source de très gros soucis financiers pour leurs employeurs.  La situation globale est malsaine. Elle va se réguler avec les nouvelles générations qui, elles, dans le cadre de leurs valeurs cherchent le job qui leur convient et non plus n’importe quel job à tout prix en utilisant n’importe quels moyens à leur disposition. En attendant, est-ce à l’entreprise d’évaluer ses futurs employés ou aux écoles et universités de le faire ? Que font-ces établissements aujourd’hui ?

“Longtemps, les universités, les écoles ont formé des professionnels sur la base de théories, laissant le jeune diplômé démuni face au monde du travail. Il devait alors se former sur le tas au monde du travail par itérations ou par stages. Aujourd’hui, seuls les meilleurs trouvent un premier emploi. Les autres se retrouvent au chômage ou font une course en avant des diplômes qui à terme les fera plonger plus loin car surdiplômés, ils seront en surcapacités théoriques par rapport à leur statut de jeunes professionnels.

Les écoles, les universités cherchent des alternatives à cette situation. La Sorbonne par exemple, pour solutionner cette problématique, essaye aujourd’hui de faire des liens, des associations de compétences, entre les tâches réalisées par ses alumnis dans le cadre de leur travail, avec les enseignements théoriques qu’elle dispense afin de trouver des arguments de valorisation de ses étudiants sur le marché du travail”.

Source : Les compétences face aux savoirs théoriques dans notre société actuelle par Virginie Guignard Legros – Thot Cursus

Est-ce suffisant d’aider à faire le lien entre les diplômes et les compétences métiers ? Y-a-t-il d’autres alternatives ?

Les alternatives que l’on commence à voir émerger sont celles de lab d‘expérimentations, de parcours-projets voir même d’entreprises universitaires. 

Le parcours projet le plus mythique en francophonie est le GdP-Lab du MOOC GdP. Dans le cadre des MOOC, il est unique. Une centaine d’étudiants deux fois par an se réunissent à distance de l’Afrique à Paris, en  passant par Haïti, le Québec, la Suisse… Ils s’agrègent autour d’un porteur de projet et passent 5 semaines intenses sur la création d’un projet. Au terme de cette expérience, ils sauront qui ils sont, dans quel rôle il sont à l’aise dans un groupe et ce qu’ils peuvent apporter à un projet. Ils sont sortis du cadre théorique de la certification en gestion de projet pour devenir des professionnels de la gestion de projet.

Un autre exemple est l’entreprise universitaire. Initiée par les professeurs et l’administration elle crée un environnement équivalent à l’entreprise afin que les étudiants et les jeunes diplômés puissent se confronter au monde du travail dans une entreprise pilote sur de vrais projets. C’est une formule intéressante pour les pays en voie de développement car ces entreprises permettent aussi d’aider à la construction des infrastructures du pays, ce qui est encore plus valorisant pour tous les intervenants.

Nous trouvons aussi tout droit venus de Finlande, les formations entrepreneuriales comme celle du CAS de la HES-SO du Valais en Suisse, qui n’apprend plus à ses étudiants par la théorie, mais par la création entrepreneuriale. Et, chacun selon ses compétences prendra sa place dans chaque projet.

“La formation a comme objectif d’acquérir de nouveaux outils et méthodes permettant de rendre opérationnels des changements systémiques. Mais également de pouvoir être armé afin d’identifier les leviers et de détecter les résistances aux changements.

Sans oublier que l’une des clés de la réussite d’un changement ou d’une organisation dite libérée est la capacité à coopérer dans un climat de confiance. Cette dynamique organisationnelle est finalement dépendante de la posture du leader. Une partie d’introspection et du coaching avec les chevaux permettront de finaliser cette transformation”.

Sources : Site HE-SA Valais – CAS Management de la transformation

Quels enjeux pour mettre en place de telles structures ?

L’idéal serait d’apprendre un métier ou des compétences à l’école ou à l’université, de les maîtriser par le projet et de les adapter à son futur travail et non d’apprendre tant bien que mal sur le tas, voire péniblement comme c’est le cas dans beaucoup de situations aujourd’hui.

Le projet dans ce cas n’a pas d’enjeux professionnels au-delà du cadre d’apprentissage, c’est une aire de liberté, de découverte qui laisse place à l’innovation, voire à l’erreur. Mais, des étudiants qui ont l‘habitude de ne répondre qu’à des quiz basiques, soit à un cadre formaté qui ne leur demande que de faire travailler leurs connections mnémoniques, peuvent-ils devenir créatifs et agiles tel que le demande la participation à un projet ?

Les quiz sont des outils pratiques d’évaluation de masse. Il est important d’être très attentif à la qualité de leurs contenus.

“Pour qu’ils remplissent leur fonction dans l’apprentissage, les quiz doivent être fréquents [3]. A ce titre, les quiz à correction automatique (type QCM ou autres exercices avec drag&drop) sont plus simples à systématiser car ils n’exigent aucun effort de correction. De tels quiz peuvent avoir un effet tout aussi bénéfique, à condition d’être bien rédigés : les propositions fausses doivent correspondre à des erreurs qui peuvent être réellement faites par les apprenants [4]. Un QCM efficace est un QCM dans lequel l’apprenant doit faire un effort cognitif réel pour trouver la ou les bonne(s) réponse(s), et non un QCM dans lequel il les trouve par simple élimination”.

Source : http://blog.didask.com  Les difficultés désirables au service des apprentissages durables par Alice Latimier

Un cerveau qui n’a pas pratiqué l’initiative pendant plusieurs mois, voire plusieurs années ne peut pas devenir créatif ou constructif ou leader du jour au lendemain, c’est la gymnastique des neurone qui est en jeu. C’est pourquoi avant d’implanter un lab projet, les enseignants, les directions des établissements doivent réfléchir à comment nourrir l’étudiant pour le rendre indépendant et en faire un chasseur d’emploi autonome et un futur employé efficace dans son cadre de travail.

Source image: Pixabay – Geralt 

De la pomme savoureuse à la réalité augmentée

Plus on se rapproche de la réalité, plus les défauts paraissent dérangeants

Par Virginie Guignard Legros , le 05 juin 2017 | Dernière mise à jour de l’article le 05 juillet 2017 chez Thot Cursus

Réalités virtuelles incomplètes

Pour comprendre où en est le monde face aux réalités virtuelles, on peut faire un parallèle entre l’Apple II et l’Oculus Rift. Ils sont tous les deux pas très beaux, pas très ergonomiques, assez contraignants, mais, si nous les inscrivons dans leurs époques respectives, ils ouvrent la porte à de gigantesques champs du possible.

Ils prennent place dans une timeline bêta qui aboutira plus tard à des développements plus proches de l’utilisateurs, du design, des usages et de besoins futurs.

Il y a 40 ans, 1977 fut l’année de la création du logo d’Apple et de l’Apple II.

“Sa première version sort en avril 1977. C’est le premier micro-ordinateur à avoir un succès grand public. Il a une ROM 16 ko, RAM 4 ko, 8 slots d’extension dans laquelle on peut mettre une carte graphique couleur… Son formidable succès commercial a décidé I.B.M. à construire son P.C”. Tiré du site Portices.fr 

Aujourd’hui : Oculus Rift : le casque de réalité virtuelle incontournable.

“Avouons-le : s’il y a un seul casque que la plupart des gens connaissent, c’est bien celui-ci. L’Oculus Rift a été celui qui a lancé la course aux casques VR, il reste l’un des plus aboutis et le plus connu à ce jour. Racheté par Facebook,…”Guide et comparatif des casques de réalité virtuelle, tiré du site realitésvirtuelles.com  

Quelles limites à la réalité virtuelle d’aujourd’hui ?

Si nous parlons matérialisation, en dehors des limitations techniques, comme la puissance des machines, le prix du matériel, les contenus limités, c’est celle de la mauvaise qualité de la réalité virtuelle d’imitation qui est ressentie comme la plus gênante :

“Connaissez vous la théorie de la vallée dérangeante ? …Cette théorie a été avancée par un roboticien japonais du nom de  Masahiro Mori. Elle touche essentiellement le monde de la robotique et annonce que plus un robot ressemble à un être humain, plus les défauts du robot, qui l’éloignent de la ressemblance à l’être humain, paraissent monstrueux. Cette théorie dépasse le cas de la robotique, la théorie a été instaurée en 1970, et touche maintenant tout élément virtuel ou artificiel qui tente de mimer le réel”. Quelles sont les limites de la réalité virtuelle ? tiré du site realitevirtuelle.com par Tarik H.

Cette théorie, valable pour les jeux vidéos et les rendus d’images de synthèse, se projette bien au-delà de ces limites. Nous touchons maintenant à la problématique de l’humain augmenté. Nous ne parlons plus du robot qui imite mal l’homme, mais de l’homme avec son équipement, qui n’est pas encore à la hauteur de la technologie émergente.

Hier nous rêvions de réalité virtuelle imitative submersive. L’humain se projetait dans un décor virtuel, dans un jeu de façon constructiviste. C’est son esprit qui entrait dans le virtuel, dont la technologie de type Oculus est l’aboutissement. Aujourd’hui, nous pouvons construire avec le virtuel grâce à cette même technologie. Par exemple, des savoirs d’anatomie médicale sont capitalisés ou nous pouvons opérer un malade grâce au virtuel.

Cela ne se fait plus par la construction de l’esprit ni par le biais de manettes. C’est le mouvement de la main, du corps qui expérimentent, qui créent, qui consulte, qui fabrique… Ce n’est plus l’esprit, mais la vie qui émerge, dialogue avec la réalité augmentée. Il n’y a pas que le quotidien de l’homme qui est augmenté. Nous observons aussi le phénomène qui va se formaliser dans sa chair.

Quels genres de développements sont à nos portes?

L’homme va vers non plus une réalité virtuelle, mais une réalité augmentée, qui va nécessiter bientôt que celui-ci s’augmente technologiquement pour suivre le rythme des innovations. Demain, plus de casque de réalité virtuelle mais des lentilles et après-demain l’homme sera modifié avec des implants pour être en symbiose avec la technologie ou avec son métier. Le fameux robocop n’est pas très loin. Des soldats amputés sont déjà équipés de jambes artificielles expérimentales hyper-puissantes. Dans quelques années, qui sait, s’amputer les jambes pour être soldat ou policier sera peut-être une condition sine qua non. De ce fait, le robot ouvrier ou de compagnie aux côtés de l’homme augmenté sera peut-être différent de celui imaginé aujourd’hui.

Il est fort probable que le robot en tant que tel n’existe que sur des chaînes d’assemblage ou pour effectuer des tâches précises comme faire du déminage. C’est plutôt vers l’intelligence artificielle du robot qu’il faut tourner notre regard. Elle semble se déployer aujourd’hui pour optimiser les prothèses ou les accessoires.

Déjà, technologiquement, nous pourrions tous ouvrir notre porte d’entrée avec la reconnaissance vocale ou une interaction quelconque avec un bot (programme d’intelligence artificiel limité à des tâches précises), comme nous parlons aujourd’hui avec notre téléphone portable. Demain, nous pourrons dire à ce même bot : je veux voir New York depuis mes fenêtres ou voir un coucher de Soleil à midi sans mettre ni lentilles, ni casques. Car, il existe aussi plusieurs possibilités comme changer le visuel des meubles, des fenêtres et des murs dans l’univers des cuisines d’avant garde. Nombre d’innovations actuelles, avec l’imagination des créatifs, se transformeront en objets du quotidien matériel et non plus immatériel comme ces dernières années.

Le virtuel laisse sa place au quotidien augmenté. Le virtuel n’est plus immatériel, il vient habiller le matériel. Il y a là aussi interpénétration entre l’univers virtuel et le monde réel, comme pour l’homme augmenté.

Quel impact sur les formations futures ?

Une multitude d’outils et de programmes vont se développer avec les technologies. Des programmes préformatés, mais aussi développables par l’enseignant et en plus par les élèves, des travaux améliorables et capitalisables par la suite. Cela permettra de créer des enseignements plus proches des élèves, de leurs besoins et questionnements.

Chaque surface pourra se transformer en autre chose que ce qu’elle est, en tableau, en écran, en fenêtre sur un autre univers géographique ou historique. Les enseignements vont se reposer sur une matérialisation différente de la salle de classe et de l’information. Une classe augmentée se structurera en toute liberté dans le volume de la salle de classe.

L’immersion virtuelle ou augmentée va permettre des expériences de chimie en toute sécurité, d’étudier l’anatomie ou de visiter un lieu historique ou même de concevoir un univers imaginaire. Hier, la nature de l’objet était défini par sa réalité physique, une craie, un tableau, des cahiers, des crayons, des livres. Demain, l’étudiant ne sera plus entouré d’objets, mais de supports multiples possibles pour expérimenter une réalité augmentée.

La réalité augmentée va demander de modifier les champs de compétences des nouveaux métiers et des élèves. En Chine, depuis plusieurs années, les classes de primaires sont équipées avec des ordinateurs et de logiciels de CAO associés à des imprimantes 3D. On estime que les premières volées opérationnelles de futurs créatifs chinois adolescents vont arriver sur le marché économique d’ici à 3 ans.

Créer des objets pour l’industrie, créer des modélisations pour la réalité virtuelle, concevoir de nouvelles applications pour tous les secteurs de l’économie, les choix éducatifs sont des choix de société, mais aussi d’avenir économique. Des matières essentielles ne sont toujours pas enseignées dans nos écoles, comme le code informatique qui demeure une langue étrangère pour la plupart d’entre-nous.

Quel monde demain ?

C’est le rapport à la réalité physique qui va surtout changer. La valeur de cette réalité physique passe par plusieurs stades. Un stade d’engouement aveugle pour la nouveauté, le virtuel, qui va laisser la réalité virtuelle de côté. Une phase de stabilisation du phénomène, voir d’indifférence, pour retrouver plus tard, dans un troisième temps, la valeur de cette réalité physique originelle. Est-ce que celle-ci sera juste atypique ou est-ce que le naturel reprendra ses droits. Rien n’est écrit, ni certain.

Au départ, face à la nouveauté, “la réalité qui aura moins de valeurs que la réalité virtuelle”, c’est ce que l’on vit actuellement. Les jeunes sont noyés dans la réalité virtuelle des jeux et n’en sortent plus. Pourquoi ? Parce que c’est plus simple de se projeter dans le virtuel que dans un futur incertain. Mais, aussi parce que le jeu est lié à la machine, à l’ordinateur et que celui-ci est posé dans un lieu précis, souvent à l’intérieur, excluant donc les interactions avec l’extérieur.

Les nouvelles technologies de jeux du style Pokemon Go ou Opticale ont ouvert une voie inédite. C’est une immersion en milieu ouvert, en ville, à la campagne. La situation n’est toujours pas idéale, car, passant encore par un objet, le téléphone, qui va perturber l’inclusion du joueur dans le monde réel. Le souci aujourd’hui se formalise par la faible communication entre le monde réel par rapport à l’immersion du jeux et surtout par la rupture de communication de ce que l’autre voit ou vit ce qui l’exclut de l’aventure augmentée de son voisin.

L’avenir va éventuellement tendre vers l’hyper-connexion entre les gens avec la permanence de réalités superposées multiples. Avec la réalité physique comme cadre de la vie, la réalité urbaine citoyenne des objets connectés, des implémentations de publicités augmentées, qui se formaliseront pour tous au mêmes endroits, mais avec un contenu différent. Les personnes se proméneront avec leurs animaux virtuels visibles de tous, ce qui créera du lien social et peut-être mon fils se promènera-t-il dans Gotham City, et moi dans la ville de Genève au naturel.

Des perceptions différentes de la réalité avec les points de repères communs. L’essentiel au final est que les pommes virtuelles ne se mangent pas, que la réalité des feux piétons demeure et autres détails de cet ordre.

Illustration : Raedon – Pixabay

Autres sources

Rélaité virtuelle – http://www.realite-virtuelle.com/quelles-sont-les-limites-realite-virtuelle

Lifeboat Foundation – https://lifeboat.com/blog/category/augmented-reality

La réalité virtuelle et augmentée pour l’apprentissage – Laurent Moccozet et Patrick Roth – Ciel
https://ciel.unige.ch/2016/02/la-realite-virtuelle-et-augmentee-pour-lapprentissage/

Décentralisation et citoyenneté, le pouvoir des communautés et des académies

S’impliquer localement, s’occuper de ses propres affaires

Par Virginie Guignard Legros , le 29 mai 2017 | Dernière mise à jour de l’article le 05 juin 2017 chez Thot Cursus

Aujourd’hui, grâce aux outils collaboratifs en ligne, les citoyens d’un Etat ou d’une communauté sont interconnectés et peuvent participer à la construction du monde de demain. Que le citoyen soit proche géographiquement ou non de l’entité à laquelle il s’identifie n’a pas d’importance. Il est interconnecté au monde à travers la diaspora des pixels.

Après la décentralisation des compétences des territoires, la décentralisation fonctionnelle des établissements, nous assistons à la décentralisation des idées citoyennes.

Les formes connues de la décentralisation francophone occidentale

“La décentralisation mise en œuvre par les Etats occidentaux à l’égard des collectivités locales connaît des similitudes nombreuses pour la résolution des problèmes d’organisation territoriale et le droit comparé constitue une aide utile pour identifier les difficultés communes rencontrées par les Etats fédéraux ou unitaires.

L’étude des situations belges, canadiennes et françaises permet de constater que la mise en œuvre des processus de décentralisation transcende assez souvent les distinctions classiques des formes d’organisation de l’Etat.

L’analyse des statuts constitutionnels et celle des moyens, juridiques, financiers et humains, montrent de nombreuses corrélations sans gommer les persistances nationales… Elles ont été produites dans le cadre d’une coopération scientifique réunissant les centres de recherches en droit public des universités de Louvain, Ottawa et Rennes”.

Description des actes de colloques de la Faculté de Droit et de Science politique de Rennes du 18 et 19 novembre 2004 : La mise en œuvre de la décentralisation – étude comparée France, Belgique, Canada 

L’exemple de la France :

“Par un long processus de décentralisation, la France, qui était un État unitaire très centralisé, est aujourd’hui un État déconcentré et décentralisé (loi du 6 février 1992 relative à l’administration territoriale de la République, dite “loi ATR”).

La décentralisation est consacrée par l’article 1er de la Constitution, selon lequel “l’organisation [de la République française] est décentralisée…On distingue la décentralisation territoriale et la décentralisation fonctionnelle. Dans la décentralisation territoriale, les autorités décentralisées sont les collectivités territoriales ou locales (communes, départements, régions, collectivités à statut particulier et collectivités d’outre-mer)…

Dans la décentralisation fonctionnelle ou technique, les entités décentralisées sont des établissements publics chargés de gérer un service public(universités, hôpitaux publics, musées nationaux, régions entre 1972 et 1982)“.

Texte tiré de www.vie-publique.fr 

A ces deux formes de décentralisation, il faut en ajouter une troisième qui est liée au citoyen.

La décentralisation des idées citoyennes debout et en marche en France

Le protocole classique de transmission des idées citoyennes passe par les partis idéologiques qui proposent leurs idées au peuple et qui les valident par le processus électoral puis sont ensuite relayées aux plus hautes instances de l’Etat.

Aujourd’hui, on observe une appropriation par des groupes de citoyens de leurs destinées selon le concept de la diaspora de l’information. C’est une décentralisation de la décision que peut activer n’importe quel citoyen lambda et qui prend place au sein de communautés de vies, de villages, de villes, de corporations ou simplement de nouveaux mouvements, comme les nouveaux partis apparus en France lors de l’élection présidentielle 2017.

Sur le site par exemple du Mouvement en Marche, on y trouve le texte suivant :

“Mais quelle que soit votre histoire, quelles que soient vos origines politiques nous vous invitons à en réinventer les codes avec nous”.

Texte tiré du site internet. https://en-marche.fr/

On retrouve aussi la même dynamique sous un angle plus alternatif dans le mouvement de Nuit Debout :

“ensemble des personnes liées par le contrat social qui établit leur souveraineté comme exercice de leur volonté générale”.

Texte tiré du Wiki Nuit Debout

Ainsi, nous voyons émerger des mouvements citoyens, basés sur la volonté de reprendre leur droit à la parole en particulier sur les décisions influencant leur vie de tous les jours. On peut sans doute faire un parallèle entre les changements de paradigmes actuels.

Hier, la connaissance était déclinée selon la valorisation hiérarchique de la pensée intellectuelle vers les tâches subalternes les plus petites. Aujourd’hui, la data renverse cet ordre des choses, c’est l’infiniment petit des parcelles d’information, des pixels qui est l’or de demain et l’interprétation qui en est faite n’est qu’une variable algorithmique destinée à répondre à une question.

Le citoyen serait-il lui aussi en train de devenir la valeur incontournable de demain ? C’est fort possible.

Quel impact sur les formations de demain 

Aujourd’hui, la plupart des programmes éducatifs sont mis en place pour mener des masses nationales ou régionales d’écoliers et d’étudiants aux diplômes selon un principe d’égalité.

C’est à dire qu’il y a un programme unique pour des centaines, des milliers, voire plus, d’êtres apprenants à former. Ces programmes standardisés sont égalitaires pour chaque étudiant, mais les taux d’échec font réfléchir à de nouveaux chemins plus équitables. En effet, si vous demandez à une panthère et à un cerf de monter à un arbre, ils sont tous les deux des êtres vivants et intelligents, mais, ils n’ont pas développé de par leurs différences les mêmes compétences. La valorisation des différences est une clef stratégique de la nouvelle éducation émergente.

Comment accompagner ces mutations alors que nous sommes à cheval entre deux façons de faire; le monde précédant fonctionnant selon le modèle hiérarchique d’avant la disruption et le monde émergeant qui veut valoriser l’apprenant en tant qu’individu ? La tentation de personnes oeuvrant selon le modèle ancien pourrait naturellement se formaliser par la décision de regrouper les élèves par classes typologiques pour permettre à tout un chacun d’être valorisé selon ses différences. Ceci peut être une tentation qui à terme peut accentuer les clivages de société. Nous pourrions alors voir sur-émerger des communautés de douance, de compétences, de différences, comme déjà on peut en constater l’existence pour les hautes écoles ou les handicaps comme celui de la surdité.

Notre façon de manager les formations aura un impact sur la structure de nos sociétés de demain. Une vie collective riche et unie ne pourra se mettre en place que par un modèle de formation qui permettra l’intégration des différences dans tous les niveaux structurels de son organisation.

La classe de demain devra pour ce fait être inclusive des différences et des compétences des uns et des autres. Manager la différence n’est pas juste l’accompagner. L’enjeu de l’éducation de demain est de faire des étudiants, des citoyens à part entière, qui vont vivre et agir ensemble. Pour y arriver, il faut que chacun trouve sa place dans la variété de la communauté de la maternelle à l’université.

Illustrations : Hôpital par Corgaasbeek
Marins
 par Squeeze 

Sources

Osons le Cercle d’apprentissage

Attendre après qui ?

Par Virginie Guignard Legros , le 11 septembre 2017 | Dernière mise à jour de l’article le 18 septembre 2017 chez Thot Cursus

Face aux mutations sociales, les coachs, les RH et les formateurs ressentent le besoin d’innover et se regroupent depuis quelques temps dans des groupes de travail indépendants des systèmes traditionnels, afin de trouver de nouvelles méthodologies et façons d’agir dans le cadre de l’enseignement et de la transmission des savoirs.

L’un d’entre eux est le #CercleAPE, association think tank qui a vocation à trouver les nouvelles façons d’apprendre ensemble. Elle est née en août 2015, suite à un appel à contribution de Denis Cristol,  Directeur de l’ingénierie et des dispositifs de formation du CNFPT, chercheur associé à Paris Ouest Nanterre et rédacteur chez Thot Cursus.

Au départ, celui-ci a eu envie d’expérimenter ce qu’il a pu voir lors d’un voyage au Canada. Rapidement, cela devient un groupe de 3 personnes avec Virginie Guignard Legros, auteur de cet article et Jocelyne Turpin, la fameuse MISS MOOC. Très vite, ils sont devenus une communauté, voire un mouvement de 900 personnes à travers la francophonie.  

Celle-ci s’est créée depuis les réseaux sociaux des uns et des autres et s’est catalysée sur LinkedIn autour d’un MOOC connectiviste basé sur la bienveillance, l’empathie, les échanges entre pairs en présentiel et à distance. Le programme était riche et répondait en écho aux besoins des uns et des autres. Ce fut une révélation pour beaucoup.

Expérimenter

Le concept était d’expérimenter par groupes locaux présentiels ou internationaux distanciels des idées et de développer des solutions avec les potentialités des uns et des autres. Ce fut une belle aventure vécue par 25 groupes répartis principalement en France, Belgique, Suisse et Canada.

L’aventure dura 6 mois avec une énorme envie d’échanger entre pairs. Un rassemblement fut alors organisé sur Paris pour répondre à ce besoin. Cent personnes furent présentes au rendez-vous et ont participé à des ateliers de restitution et de synthèse des vécus, mais se sont retrouvées aussi pour trouver des réponses à des pourquoi et des comment. Pourquoi es-tu là ?

“Parce que je suis prof, que j’expérimente en classe. C’est ce que j’aime faire. Mais, je ne suis pas théoricienne et j’ai besoin de gens qui le fassent pour moi”.

“Parce que je suis RH et que je n’arrive pas à appréhender les nouvelles générations que nous allons embaucher. Et, j’aimerai avoir des pistes pour savoir comment les manager”.

Un an plus tard, des projets se remirent en marche dont principalement celui d’un hackathon sur Paris. Celui-ci consiste en un week end à développer des réflexions, applications sur des sujets posés par des sponsors autour des questions du management, de la formation, des archives en groupe ou/et selon les nouvelles technologies.

Plus d’infos sur les défits

Que de chemin parcouru depuis le groupe d’apprenants du début, devenus des penseurs inspirés puis des acteurs recherchant des solutions en 2 ans. La gouvernance a aussi changé. Elle est passée de team design à des cercles thématiques, donnant plus de sens et plus de direction pour finalement se structurer dernièrement en 2 associations.

Action et communication

Une association administrative pour gérer le hackathon, les projets parisiens et une autre communautaire pour lier les membres distanciels entre eux. Pourquoi se structurer ? La raison principale est que lorsque l’on devient organisateur avec des partenaires, on a besoin d’ouvrir un compte en banque, de prendre une assurance…C’est purement administratif.

De nouvelles têtes émergent avec des compétences complémentaires à celles des fondateurs du début. Les responsabilités s’affinent tout en n’étant pas liées à une seule personne ou à un groupe décisionnel. Le groupe, le cercle est un et multiple et peut à tout moment se structurer en d’autres associations à travers le monde. Il est organique.

C’est un groupe qui se structure en rentrant dans un cadre administratif. Il innove en permanence. On ne trouve pas assez de fonds ? On va écrire un livre collectif, un Sprintbook édité en série limitée pour financer l’événement. Et, cela fonctionne, le livre est écrit à 80% sur un week end.

Quelques semaines plus tard, il part chez l’imprimeur. Le livre s’appelle : “Osons le cercle d’apprentissage”. Il va sortir fin septembre et va parler de toute cette aventure, des savoirs, des méthodologies possibles, des choses à éviter. C’est un ouvrage opérationnel par des professionnels qui ont vécu ce qu’ils transmettent.

Le message de ce livre est clair et va au delà du #CercleAPE. Vous avez un besoin ? Vous êtes une communauté ? Alors lancez-vous maintenant, car c’est aujourd’hui que tout se joue. Pourquoi attendre que votre institution, que vos collègues soient prêts ? Innover en formation, c’est bouger au bon moment pour répondre à un besoin réel.

Si vous êtes prêts et que d’autres le sont aussi comme vous, alors lancez-vous ! La disruption que le monde vit aujourd’hui est énorme, les jeunes qui arrivent dans vos classes, dans vos bureau sont différents. Prenez de l’avance, cela ne sera pas perdu alors que le retard sera toujours trop tard.

Illustration : Geralt – Pixabay

Plus d’infos sur les projets du Hackathon et pour vous procurrer le livre : https://cercleape.com/

Lien pour participer au crowdfunfding

Acteurs dans l’infini de la réalité virtuelle

L’envahissement du quotidien par réalités superposées

Par Virginie Guignard Legros , le 21 août 2017 chez Thot Cursus

Voyage dans des storytellings immersifs de demain ou un chemin à travers des possibles de la réalité virtuelle.

Prenons comme exemple un film qui transmet des informations et des valeurs importantes ou des nouvelles à intégrer. Ça peut être un documentaire, un film d’animation, une fiction, un espace géographique ou historique. L’idée est d’intégrer l’ensemble des idées et connaissances pour appréhender toutes les facettes du film à 360°, de se servir du design, de l’univers, des personnages pour démultiplier l’impact du film au-delà de ses limites. Vivre l’univers et dans l’univers du film au quotidien. “Aujourd’hui je veux vivre comme à Gotham City, ce soir, je veux vivre comme un pirate et m’endormir avec la fée clochette qui me lit une histoire annonçant la prochaine sortie cinéma”.

Le principe est de se servir des technologies connectées associées à la réalité augmentée, cela peut être un mur écran, une montre, un iPhone… avec une multitude de points d’entrée identifiés à travers la ville ou à la maison.

Par exemple, un écran géant qui prend la forme d’une fenêtre dans votre appartement. Le nouveau Batman vient de sortir et par cette fenêtre vous pouvez-voir vivre Gotham City, fenêtre ouverte et fenêtre fermée. Voici un premier point d’entrée. En complément de cet écran géant, on associe une intelligence artificielle immergée dans le monde de Gotham qui peut prendre l’apparence de personnages secondaires ou principaux du film, qui entrent en interaction avec vous, vos proches ou votre classe.

Contexte sur demande

Vous aimez ou vos élèves aiment que l’on lise des histoires alors Grand’pa IA (intelligence artificielle), va vous lire des histoires de votre choix, selon l’apparence que vous souhaitez. Votre enfant, vos élèves doivent apprendre leurs maths, vous pourrez sélectionnez la leçon du jour qui sera animée selon le choix des bambins par un professeur policier, ou une crapule, voire même Batman, ou Winnie l’Ourson pour une même leçon. Un prof différent, un langage, une stature, une immersion différente, mais une information identique ou une information adaptée selon les options pédagogiques. Nous entrons dans l’aire des univers qui vont habiller nos enseignements et nos apprentissages selon des modes et couleurs hors du cadre du quotidien.

Cela ne va pas s’arrêter à la classe ou à la famille, cela prendra son expansion à tous les niveaux de nos vies, la rue, les commerces, les loisirs. Vous aimez la mode de Gotham ou de Sim City, vous pourrez choisir sur écran tablette ou miroir, ce qui va convenir à votre silhouette. Vous pourrez passer commande à votre vendeur virtuel ou en présentiel.  Et, de la même façon, soit agrémenter votre garde-robe virtuelle, soit acheter les vêtements qui vous plaisent. Vous pourrez aussi passer aussi des vacances à moindre coût dans des lieux définis à partir desquels vous pourrez vivre des aventures extraordinaires. Votre rapport à votre corps changera, il va s’augmenter d’un nouveau champ du possible qui est celui de vecteur de storytelling. Vous pourrez être quelqu’un d’autre à la demande.

Avec vos lentilles ou vos téléphones mobiles vous pourrez recevoir des messages sur des lieux précis ou aléatoires à travers le monde. Hier vous pouviez le faire soit par le Wifi de certaines enseignes, soit par des QR à scanner, soit par des kiosques réels qui vous vendent les infos du jour de votre univers.  Vous pouviez aussi vous connecter sur les bases de données de vos voisins que vous pouviez localiser via une App de téléchargement, de meeting, de stratégie globale. Demain tous ces appareils seront interconnectés, comme vous le serez sans doute vous-même et si pas, alors, ce seront vos enfants. Avez-vous déjà eu un animal imaginaire ? Quel sera la différence avec avoir un animal virtuel ?

Réalité virtuelle professionnelle

Cette réalité qui paraît très excentrique pourra être aussi factuelle et même professionnelle. J’ai accès à toute ma communauté par mon App, qui me permet de rencontrer mes pairs, ou de donner RDV à des utilisateurs experts, d’avoir des conseils, d’accéder à la base de données globale, à des extensions créées par d’autres utilisateurs. Je me promène dans mon quartier et s’y affichent des QR ou des symboles sur certains produits de consommation courante ou atypique. Je scanne… et en fonction de l’univers que j’ai choisi et d’un certain paramètrage aléatoire…, j’ai des informations ciblées qui me sont communiquées sur une mission du jour à accomplir, de l’argent virtuel déposé sur ma carte, un bout d’histoire drôle…

Et, si vous aimez jouer, cette nouvelle façon d’optimiser le monde vous proposera des jeux. Une marque de magasin est partenaire du film Spiderman : les promotions s’affichent sur mon téléphone. Si vous achetez un T-shirt, vous avez le droit à une énigme personnalisée et des bons de réductions chez d’autres enseignes partenaires du film, vos bons seront valables partout à travers le monde. Vous pourrez les échanger comme des images ou en échange de la solution à votre énigme. Demain sera le lieu de la gamification, des interactions virtuelles et collaboratives sur toute la planète connectée.

“Une énigme est lancée à Berlin, vous l’avez décryptée, elle est résolue par des chinois en vacances qui transmettent plus loin des codes promos sur votre communauté, vous permettant d’être à la fois participant et bénéficiaire de ces belles collaborations selon des enjeux de storytelling”.

Il n’y a pas de durées définies à ces systèmes, sauf celles de l’épuisement des usagers, des fans. Le système est lancé à un moment T, mais si on ouvre les codes, les champs d’extension, ils peuvent se démultiplier à l’infini et être utilisés par des utilisateurs par millions.

Vous êtes alors désormais, à la fois un et un million.

Sources

Textes :  Virginie Guignard Legros 2015 – Parcours étudiant du MOOC “Comprendre le Transmedia Storytelling” sur Fun-mooc.fr – Université Bordeaux Montaigne

Image : Pixabay par Pexels

Changer de point de vue pour apprendre autrement

Rester en phase, y compris en évaluation

Par Virginie Guignard Legros , le 12 juin 2017 | Dernière mise à jour de l’article le 23 août 2017 chez Thot Cursus

De façon classique dans nos sociétés, lorsque l’on parle évaluation d’un enseignement, on visualise le modèle traditionnel de l’évaluation hiérarchique par le professeur et, par extension, par l’élève sur la base du document de correction de ce même professeur.

Il existe d’autres façons d’évaluer un étudiant, dites groupales. La première, la correction par les pairs que l’on retrouve sur les MOOCs, avec comme déclinaison technologique les commentaires par les pairs et plus loin encore la création de l’évaluation par le groupe et sa mise en place.

Les critères du savoir

Le professeur est à l’origine un passeur de connaissances dont il va évaluer la qualité d’apprenance de ses élèves en réalisant des examens, suivis de corrections. Il supervise le processus d’enseignement du début jusqu’à la fin selon un concept hiérarchique traditionnel. Il définit le contenu du cours, la façon de transmettre la connaissance et la façon d’évaluer cette connaissance. Dans ce cas de figure l’élève dépend complètement de lui. Que l’examen soit un quiz, une rédaction… la position du professeur est celle d’un évaluateur et son élève est un évalué.

Nous trouverons aussi une variante à cette méthode d’évaluation dans l’auto-évaluation. Ce n’est plus le professeur qui corrige la copie, mais, l’élève grâce aux documents de correction fournis par le professeur. C’est le premier changement de rôle que l’on voit s’opérer. L’élève n’est plus passif dans l’acte de correction, il devient actif. C’est un pas vers l’autonomie, mais aussi vers la relation de confiance avec soi et avec le professeur qui devient alors un guide. L’élève passe à un statut actif. Il lit les consignes d’évaluation selon les explications de son professeur.

Ne pas pouvoir toujours être le juge

Aujourd’hui , la société change, les rapports employeurs employés changent, les nouvelles générations X et Y ne fonctionnent plus selon les précepts hiérarchiques anciens. Alors, on voit les concepts groupaux prendre le pas, soit parce que l’on détecte de nouveaux besoins, soit parce que la technologie apporte des solutions inédites.

Les cours massifs en ligne des universités sont de grands utilisateurs de ces façons de faire. Comment corriger 3 000 ou 20 000 copies d’étudiants à la fois ? Comment évaluer sans sanctionner un travail collaboratif ? Comment transmettre des connaissances d’un groupe à l’autre au travers de la diversité des origines, des parcours d’étudiants et de leurs cultures ?

Pour corriger en même temps des milliers de copies, la correction par les pairs est la solution, aujourd’hui, la plus pertinente. La fameuse confiance en l’élève est remplacée par une évaluation test qui permet d’étalonner la pertinence et le sérieux de sa correction.

Les co-évaluations d’une même copie permettent de lisser les résultats des corrections. Les co-évaluateurs doivent avoir une métacognition du document d’évaluation infiniment plus forte que sur l’auto-évaluation car celle-ci est corroborée par le nombre d’évaluateurs. Entre en jeu leur image et leur responsabilité sociale, ils doivent s’enquérir du sens de leur correction pour être pertinents. Le professeur les supervise et leur a délégué sa tâche en posant des gardes-fous.

“De l’évaluation par les pairs .. C’est loin d’être nouveau, mais c’est le cœur du parcours avancé d’un MOOC, les enjeux sont considérables, car permet de concilier

1. Richesse pédagogique : au-delà des quiz

2. Passage à l’échelle : corriger 1 000 copies

3. Changement de paradigme : des apprenants actifs aux compétences plus développées” L’évaluation par les pairs dans un MOOC. Quelle fiabilité et quelle légitimité ? 

Par Rémi Bachelet, Ecole Centrale de Lille, fondateur du MOOC GdP 

« La métacognition vise un des problèmes permanents de l’enseignement, celui du transfert ou généralisation de ce qui a été appris (…) C’est le moyen le plus important par lequel un individu devient capable de modifier et d’adapter son activité cognitive à des tâches à contextes différents. (…). Elle fait de l’apprenant un théoricien implicite ou explicite de sa cognition – il sait ce qu’il sait et comment il le sait, ce qui lui permet de transférer sa compétence à différentes tâches »

Gaveleck et Raphael (1985)  

Le dernier cas de figure est celui des travaux collectifs sur des thèmes variés. C’est l’implication personnelle des échanges entre étudiants sur les projets des autres qui sont pertinents. On parle alors de commentaires par les pairs. Ceux-ci se font selon des méthodologies de critiques bienveillantes. L’objectif est d’optimiser les documents des autres groupes.

C’est aussi une méthode tout à fait en phase avec les outils collaboratifs sur internet. L’étudiant devient alors le propre maître de ses critiques. Il suggère des corrections acceptées ou pas dans le but d’aider les autres à aller plus loin dans leurs projets. Le professeur n’est là qu’en tant qu’accompagnateur et garant de la forme et non plus du tout du contenu.

La correction et le contenu du cours peuvent aussi être créés par le groupe d’étudiant. Les recherches, la structuration du contenu et la façon d’enseigner va être le choix du groupe qui prend le rôle du professeur. Dans ce cas, le professeur est juste un guide qui va garantir la qualité du cours. Et, le groupe prend en main tout le processus d’enseignement jusqu’à l’évaluation finale. C’est un apprentissage par les pairs. C’est une inversion complète des rôles traditionnels hiérarchiques. Le professeur ou d’autres groupes deviennent les lecteurs et les apprenants des expliquants.

Un continuum d’attitudes

On notera dans ces 5 cas de figures de grandes différences dans les rôles des apprenants et de leur professeur. D’un rôle hiérarchique le professeur passe à celui de guide, de superviseur, de lecteur, à celui d’accompagnateur.

L’élève lui gagne en compétences. De passif évalué, il devient actif autonome, puis co-évaluateur, pour devenir lui-même professeur et finir co-créateur de contenu.

Le passage du système hiérarchique aux diverses collaborations avec les pairs est symptomatique d’un changement social palpable et n’est sans doute que le début de nouvelles façons d’apprendre et donc d’évaluer à venir.

Les écoles, les RH, les managers gagner à rester attentifs à ces nouvelles manières de faire, car elles façonneront le monde et les relations humaines de demain.

Illustration : Geralt – Pixabay

Sources:

Changements de points de vue, de rôles et de postures dans les nouveaux dispositifs d’enseignement par Alain CRINDAL (UMR STEF ENS Cachan INRP) & Bernard ANDRIEU (IUFM de Lorraine)

La métacognition : de sa définition par la psychologie à sa mise en œuvre à l’école par Anne-Marie Doly

L’évaluation par les pairs dans un MOOC. Quelle fiabilité et quelle légitimité ? Par Rémi Bachelet, Ecole Centrale de Lille

La gouvernance urbaine des villes apprenantes

Structures urbaines et organisations apprenantes

Par Virginie Guignard Legros , le 08 mai 2017 Dernière mise à jour de l’article le 15 mai 2017 chez Thot Cursus

Les modalités de gouvernance des structures administratives des villes et leurs mises en application définissent l’ADN primaire de toutes les structurations des cellules vivantes d’apprenance urbaine.

C’est la notion de modèle présenté ici.

 

Si l’administration gouvernant la ville est apprenante elle-même, alors elle transmettra l’apprenance au delà de la sphère administrative.

Si cette même administration est bienveillante avec elle-même, alors elle transmettra la bienveillance dans ses actions facilitatrices. La clef d’une politique durable en matière d’apprenance repose sur la cohérence de management de ses élus et de son administration. La vision, les rôles et l’exemple comme modèle sont parmis les outils les plus puissants de l’intelligence collective (IC). C’est une des clefs de la ville apprenante réussie.

Un groupe est une structure vivante, une ville est une structure vivante. Les deux ont besoin de réponses à ces questions essentielles qui sont, Qui ?, Vers où ? et Comment ? L’apprenance est une transmission du savoir être, du savoir et du savoir faire qui sont une transposition de ces mêmes questions.

Une des clefs d’une ville apprenante de qualité est d’avoir une administration elle-même apprenante.

“Vision – Être la ressource privilégiée pour le développement durable des compétences des employé-e-s dans le but d’améliorer  la qualité des prestations de l’administration municipale.

Missions – Proposer une offre de formation axée sur la pratique et tournée vers l’avenir pour développer les compétences collectives et individuelles.

Garantir l’accès à la formation pour toutes et tous afin de valoriser les potentiels, encourager la mobilité et augmenter la représentation équitable des deux sexes aux postes de cadres.”*

Sources : DRH, formations 2017 Ville de Genève p13

 

Si on y arrive, vous devriez aussi y arriver…

La notion de ville apprenante se crée au quotidien dans un flux disruptif. Ceci implique une adhésion aux changements, aux mutations, aux innovations. Comment une administration urbaine avec des procédures classiques peut devenir une structure innovante, voir agile ? C’est un des défis de ces prochaines années qui repose sur les épaules des ressources humaines. 

Comment arriver à transmettre ou à imposer un système, des idées, des services à la population si l’administration qui les insuffle est déconnectée ou n’adhère pas à ce qu’elle propose ? Si elle ne veut pas bouger alors que le monde bouge ? Voilà, une question fondamentale sur laquelle repose l’avenir des villes apprenantes et l’avenir de notre société de façon générale.

Il n’y a malheureusement pas de recette miracle. Il faut beaucoup d’accompagnement, de formation au management de transition et la redéfinition claire des valeurs, du sens, des objectifs du personnel, ainsi que des outils adaptés à ces mutations. C’est une nécessité face à un besoin collectif urbain.

On n’arrête pas un besoin, soit on le comble, soit on est défaillant face à cette demande. En cas de défaillance la ville peut faire appel à des ressources extérieures, telles des écoles, associations ou entreprises mandatées qui vont venir pallier son problème de ressources humaines, mais ce n’est une solution viable qu’à moyen terme. Car ces mandataires naturellement des partenaires d’apprenance sont dans cette situation hors du cadre de leurs missions premières.

Vouloir avoir une ville apprenante, c’est avoir une ville qui a besoin d’apprendre, une administration qui apprend et une gouvernance qui a une vision claire de l’apprenance. Vouloir une ville qui bouge, c’est avoir une ville qui veut évoluer, une administration innovante et une gouvernance qui accompagne le changement. La transmission des savoirs est un challenge pour tous, vecteur d’avenir.

Aujourd’hui, le statut des villes change. Elles prennent leur place en tant que villes autonomes dans le contexte mondial de décentralisation, dont la technologie blockchain, qui organise une gouvernance et une gestion décentralisées. est l’exemple le plus incontournable.

Au sujet du Blockchain : “La technologie est la représentation concrète d’une culture, en ce que nous la construisons selon cette dernière”. Sources : De l’éthique de la décentralisation Alexandre Stachtchenko – blockchainfrance.net 

A l’heure où New-York, San Francisco, Genève (Canton) et d’autres font presque sécession en devenant des villes refuges face à des menaces sociétales ou à des décisions qu’elles trouvent injustes pour ses citoyens.

Aux Etats Unis d’Amérique : “Emboitant le pas aux manifestations citoyennes, plus de 200 villes du pays ont carrément décidé de s’auto-déclarer « ville sanctuaire » !”  Source : ace à Trump, San Francisco se proclame “ville sanctuaire” ! – Axel Leclercq – : http://positivr.fr 

A Genève : “L’opération Papyrus, de son nom de code, a jusqu’ici travaillé dans le secret. Depuis 2015, elle a permis à 590 sans-papiers, dont 147 familles, de sortir de l’ombre à Genève”. Source : Genève se lance dans la régularisation des clandestins – Laure Lugon – www.letemps.ch

Dans ce même mouvement d’autodétermination urbain, chacunes dans leur contexte national décident aussi de prendre en main l’apprenance de leurs cités.

Le savoir est la meilleur défense contre l’obscurantisme. Si chaque ville par ses actions allume une lumière de savoir dans la nuit alors qui sait, notre époque sera peut-être baptisée, le siècle des villes lumières. A suivre.

Illustration : GDJ – Pixabay

Ajuster les choix d’apprentissages par rapport aux capacités des uns et des autres

Les humains ne sont pas des matériaux homogènes et multipotents

Par Virginie Guignard Legros , le 09 octobre 2017 | Dernière mise à jour de l’article le 23 octobre 2017 chez Thot Cursus

Les vraies fausses apparences, les ressources humaines et notre société

Depuis des décennies les responsables des ressources humaines de nos entreprises essayent d’évaluer les profils réels des candidats qui répondent à leurs annonces.

Pour cela, ils se servent de l’intelligence artificielle qui va chercher dans la lettre et curriculum vitae les mots clefs qui ouvriront le sésame vers les candidats qui correspondent le mieux aux postes à pourvoir. Après, ces mêmes responsables de ressources humaines essaieront de savoir si la sélection est la bonne avec des techniques diverses comme la graphologie ou des tests du genre MBTI. Puis, ils feront avec eux des entretiens personnalisés en présentiel ou à distance pour à la fin échouer à plus de 45% dans leur mission, soit dans les semaines, soit dans les mois qui vont suivre les embauches.

Quelle en est la raison ? Simplement, à cause de l’ère du faux* (voir les références au bas de cet article), de l’apparence, de la fausse performance, dans laquelle nous sommes entrés depuis quelques années. Et, celui qui remuera le plus ses ailes, ou qui sera le plus brillant, le plus glamour remportera la course au détriment de celui qui est le plus performant.

L’exemple le plus flagrant est celui du rêve de beaucoup de jeunes adultes pour leurs avenirs professionnels : devenir chanteur, dessinateur d’animations, mannequin, musicien. Le responsable en est le modèle diffusé par les médias. Un jeune va montrer ses talents à la télévision. Il est repéré, un peu ou beaucoup. Il devient la star filante d’un soir comme la plupart et retombera dans l’oubli avec un rêve inachevé.

Une déclinaison de ce phénomène est celle de la start-up qui fonctionne sur le même modèle que celui de la Star Academy de l’époque ou de ses variantes actuelles. C’est au départ un beau potentiel, autour duquel on crée une bulle virtuelle et financière. Lorsque la bulle éclate, le projet atterri violemment et soit il est assez fort pour survivre, soit il se brise en morceaux, comme le rêve inachevé de nos jeunes artistes.

Une autre déclinaison se situe dans l’image que la société renvoie à la femme et la jeune fille de ce qu’elles doivent être. Les médias leur envoient la fausse vraie information qu’elles sont trop grosses et qu’elles doivent changer. Certaines même à en devenir malades et à en mourir.

Le dernier exemple est philosophiquement peut-être le plus parlant. Une société qui envoie de multiples signaux auprès de jeunes filles dont la plupart sont magnifiques et qui leur dit, non tu n’es pas belle, tu es trop grosse de par notre propre intérêt économique et culturel. Et, le changement n’est pas positif, au contraire, il est négatif, voire il peut être mortifère. Le message à retenir est celui-ci : “nous ne t’acceptons pas toi dans ta vérité, mais dans l’image non incarnée que nous avons construit et dans laquelle nous voulons que tu entres” ou le diktat de la maigreur.

Ce qui est inquiétant, c’est que les choses ne correspondent plus entre la réalité humaine et la demande des médias, jusqu’à la condition de chercheur d’emploi.

Le demandeur d’emploi et le bachelier face aux méthodes de sélection

En fait, on demande à un demandeur d’emploi la même chose. Voici, l’histoire vraie d’une graphiste, toute fine, toute menue qui s’envole avec le vent et à qui on dit, demain tu seras vigile à l’aéroport. La petite dame n’a pas le choix, sinon elle perd ses droits aux indemnisations de son chômage. Comment est-ce arrivé ? Elle est entrée dans des cases qui ont validé son employabilité à devenir vigile, sans aucune formation préalable, ni aptitude physique à remplir le poste, ni même possibilité d’un droit de recours. Les attributions des formations post-bacs en France via les plateformes informatisées semblent créer aussi ce genre de situation de façon régulière.

“87.000 étudiants sans affectation et un “énorme gâchis”

Vendredi, c’était la troisième vague de réponse de la plateforme d’admission post-bac, censée attribuer aux bacheliers des places dans des formations universitaires. Résultat : seuls 30.000 futurs étudiants ont obtenu une affectation. Parmi les presque 87.000 sans attribution, 9.726 avaient pourtant mis en premier une filière non sélective de leur secteur; un choix qui aurait dû leur garantir une place. Les jeunes bacheliers, dépités, ont communiqué leur désarroi sur les réseaux sociaux”. Extrait de l’article http://www.lejdd.fr du 17 juillet 2017 Journal du Dimanche d’Europe 1.

En fait, cet état de fait est symptomatique de tout le reste. La priorité est de placer les gens dans les cases existantes. Que ce soit dans la situation de l’étudiant ou du demandeur d’emploi, beaucoup ne sont pas pris en compte sur ce qu’ils peuvent apporter à la société par leurs compétences ou potentialités en tant que personnes, mais en tant que ce que la société standardisée peut mettre en face de leur profil.

Et si le système ne fonctionne pas bien alors on va avoir des majors de promotion en mathématiques devenir des fleuristes et des secrétaires devenir des chefs de chantiers pétroliers. En fait, un des fonds du problème est le déphasage entre l’humain, ses rêves, ses potentiels et les réalités actuelles pédagogiques ou professionnelles.

Un autre fond des choses vient du fait que les offres de formation sont aussi déphasées par rapport au marché du travail. Dans trois mois, l’Europe aura besoin de plusieurs milliers de responsables en cybersécurité opérationnels. Où sont-ils ? Les organismes de formations n’ont pas pu anticiper ce phénomène. Vont-ils pouvoir compenser dans les prochains mois ? Non, car il faut plusieurs années pour former à ces professions. Certains disent, “oui, mais c’est à cause de la nouvelle loi européenne sur la protection des données. C’est venu trop vite”. Qui va trop vite ? Qui va trop lentement ? Est-ce à l’homme de s’adapter à son environnement surtout par ces périodes disruptives ? Comment arrêter de surnager sur les vagues ?

Est-ce que les étudiants doivent surnager dans une formation qui va les mener à un emploi ?

Surnager, c’est le mot actuel qui correspond à la réalité de l’étudiant. Les étudiants, particulièrement au niveau universitaire, viennent souvent d’horizons, de parcours, voire de pays différents et doivent tous suivre le même rythme, apprendre les mêmes choses alors qu’ils peuvent avoir des backgrounds différents, voire même des handicaps.

L’objectif est de faire entrer toutes ces typologies d’étudiants dans le même moule et à la fin leur donner ou pas leur diplômes. L’objectif est de passer les examens. La plupart vont alors entrer dans des mécanismes d’apprentissages superficiels. Les étudiants n’apprennent plus en profondeur mais pour avoir le diplôme qui va leur donner un travail.

Où sont alors les réelles compétences ? Alors que notre société parle de faire intégrer le deep learning à nos programmes d’intelligence artificielle, nos étudiants ne vont plus avoir besoin de développer des compétences métiers ou de savoirs profonds. L’important va être de savoir trouver l’information, d’être adaptable, pro-actif par rapport aux données.

On est face à une mutation profonde de notre société. Hier, les parents avaient un ou deux métiers pour la vie, demain, les prospectivistes annoncent 10 métiers pour une vie. On n’est plus dans un monde de spécialisation mais dans un monde de complexité. Demain, ce n’est plus nager en connaissances profondes ou surnager dans la standardisation qui sera requis, mais bien de surfer sur les vagues.

Seuls, les malins, les adaptables, les growth hackers, les créatifs, les concepteurs s’adapteront à n’importe quelles chaussures pour les formations et les emplois de demain. Pour les autres, la clef sera de les aider à découvrir leurs spécificités, leurs talents. L’idée de “Star”, d’étoile en tant qu’individu vibrant de toutes ses compétences est sans doute la meilleure. Au lieu d’en valoriser les filantes comme celles de la Star Academy ou des Startup, l’avenir de demain semble plutôt trouver sa voie vers la construction et le renforcement des compétences, vers des fondations stables basées sur de multiples formes d’intelligences plutôt que sur des formations classiques désincarnées.

Les savoirs d’hier seront remplacés par les compétences incarnées de demain. C’est une nécessité qui commence à émerger dans divers domaines.

Un exemple parlant est celui de la gestion de projet. A diplôme égal un individu sera à sa place dans tel contexte et pas dans d’autres. Aujourd’hui, c’est l’expérience qui fait le tri, avec quelquefois un peu de casse. Certaines personnes sont idéales pour des projets de startup, d’autres seront en souffrance dans le même milieu. Certains ont des profils de créatifs, d’autres de dirigeants et d’autres de suiveurs. L’enjeu de demain sera de créer des professionnels de qualité et de se baser sur l’optimisation de leurs compétences, le plus tôt possible..

Illustration : Pixabay StockSnap

Références 

MBTI – Wikipédia – https://fr.wikipedia.org/wiki/Myers_Briggs_Type_Indicator

*L’ère du faux

1.http://cjf.qc.ca par Naïm Kattan http://cjf.qc.ca/revue-relations/publication/article/lere-du-faux/

2.http://www.ledevoir.com par François Brousseauhttp://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/487422/l-ere-du-faux

Pourquoi un recrutement sur deux est un échec à 18 mois ?
http://www.focusrh.com
 par David Bernard 
http://www.focusrh.com/tribunes/pourquoi-1-recrutement-sur-2-est-un-echec-18-mois-par-david-bernard-28019.html

Les adolescents face au diktat de la maigreur http://www.lemonde.fr/par Gaëlle Dupont 
http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/10/09/les-adolescents-face-au-diktat-de-la-minceur_5198069_3224.html

Innovation & technologie. Quand un Romand participe à la «Star Ac’» des jeunes pousseshttps://www.letemps.ch par Nicolas Dufour
https://www.letemps.ch/economie/2007/06/12/innovation-technologie-un-romand-participe-star-ac-jeunes-pousses

Admission postbac : Qu’est-ce qui cloche ? 
http://www.lejdd.fr/ http://www.lejdd.fr/societe/education/admission-post-bac-quest-ce-qui-cloche-3391262

Admission postbac : est-il exact que pour certaines licences, APB attribue les places par tirage au sort ? http://www.letudiant.fr par Natacha Lefauconnier 
http://www.letudiant.fr/etudes/apb/admission-postbac-est-il-exact-que-pour-certaines-licences-apb-attribue-les-places-par-tirage-au-sort.html

Cybersécurité : la pénurie des talents est planétaire 
http://www.ipi-ecoles.com
 http://www.ipi-ecoles.com/cybersecurite-penurie-talents/

Le management de l’animation en intelligence collective

Passer du «non» de l’égo au «co-» du groupe

Par Virginie Guignard Legros , le 03 juillet 2017 Dernière mise à jour de l’article le 12 novembre 2018 sur Thot Cursus

Il y a quelques années la recette de l’intelligence collective était la suivante : mettez ensemble dans une pièces un groupe de personnes donnez-leur une problématique à résoudre et attendez que la formule magique du 1+1=3 fasse des miracles.

Il y a eu des miracles, mais ils furent peu nombreux face au nombre des échecs. Quelle était la source du problème ? Elle provient de la nature des ingrédients et dans ce cas de l’humain, de ses compétences, de ses croyances et le contexte disruptif de ce début de 21ème siècle. Rapidement, on a mis en place le facilitateur de groupe pour garantir le bon fonctionnement collectif du groupe.

Les bons rôles aux bonnes personnes

Avez-vous déjà participé à un projet basé sur l’intelligence collective ? N’avez-vous pas été surpris par la façon dont se distribuent les rôles ? On pourrait appeler cela le recrutement au boomerang. C’est le premier qui attrape la mission au vol qui la fait. C’est une technique basée sur l’opportunisme et la vitesse de réaction. C’est au final une solution peu satisfaisante. C’est à la fois une loterie pour le donneur de mission et une façon de se positionner dans le groupe pour celui qui attrape le boomerang “actions/conséquences” qui peut devenir toxique en cas d’échec.

Qu’est-ce que la réussite ? Qu’est-ce que l’échec dans un groupe d’intelligence collective ? La réussite, c’est le “Co”, co-émergence, co-construction, co-census. L’échec, c’est le “Non” privatif, non-évaluation, non-intégration, non-collectif.

Les ingrédients qui font passer du “Non” au “Co” 

Le premier est le sens. Qu’est-ce qui lie les équipiers entre eux ? Le second est la direction. Vers où la dynamique de groupe doit se mettre en branle ? Quels sont les objectifs à atteindre ? Et, le troisième est la volonté unique de chacun d’entre-nous de participer à une oeuvre collective, c’est la dimension quantique (intrication) du groupe.

Une solution simple pour pouvoir être dans une dynamique de réussite est de connaître vos équipiers si vous avez déjà une équipe constituée. Il ne s’agit pas de juger, mais les mettre en situation dans la bienveillance sur des petites missions, dans différents rôles si nécessaire avec les équipiers déjà en place. Le concept d’avoir sa place dans le groupe d’intelligence collective est correct si on passe par le concept de co-découverte et de co-optation par le groupe et non par l’égo compétitif qui prend au vol une mission ou pire qui impose aux autres de créer une mission autour d’un égo non collaboratif.

La situation est plus délicate pour un groupe non-constitué au départ. Il est fortement recommandé de le structurer selon une trame co-créative commune. Ce canevas va poser le contexte, l’histoire, les objectifs, le sens, les limites, les perspectives, les modèles culturels humains, économiques, technologiques, écologiques, juridiques, financiers,… C’est un pré-requis qui se démocratise au fil des créations communautaires basées sur l’intelligence collective. Un exemple remarquable a été développé par Mathieu Costes et les co-créateurs de ses multiples projets de plateformes coopératives et co-créatives :

“Le modèle de communauté est construit autour de valeurs communes, d’inspirations partagées sur le plan des idées et des savoirs-être. Le modèle de communauté est relié par le #CodeSocial, document à la fois structurant et pratique. Il en est le socle, la référence à toute chose: la définition des règles communes, leur évolution, la façon de traiter telle ou telle situation”.  Modèle de Communauté: #CodeSocial de Mathieu Coste

Tout était trop beau : vint la disruption

Il faut revenir en arrière sur le contexte de l’émergence de la notion d’Intelligence collective. Entre les premiers écrits et l’engouement mondial, il a fallu 20 ans pour en faire un consensus et 5 ans pour le défaire momentanément sur l’autel de la disruption.

La disruption est une notion fondamentale à prendre en compte. Nous sommes à cheval entre le monde des hiérarchiques et celui des bienveillants. L’apparition de la théorisation et de la mise en application de l’intelligence collective est l’un des premiers signes de ce nouveau monde dans lequel nous sommes tous en train d’entrer.

L’intelligence collective (IC) dans un contexte hiérarchique est intéressante comme révélatrice d’une autre façon d’aborder le management mais elle peut se révèler totalement non-efficace, voire sclérosée dans un cadre opérationnel. Le fondement numéro un de l’IC est de mettre, tous, son égo à la porte avant d’entrer en action. Le fondement du système hiérarchique est la valorisation de l’égo par la reconnaissance ou le salaire. Mettez un employé égotique parmi des employés collectifs et la majorité des collectifs deviendront égotiques, ils reviendront naturellement à leurs anciennes façons de faire.

Plus les managements basés sur l’intelligence collective seront démocratisés moins l’ingrédient égotique aura d’impact sur le groupe. Le groupe a besoin du consensus entre ses actes, son époque et son environnement. Si le consensus est basé sur le collectif alors l’équipier égotique cité précédemment n’aura plus d’emprise sur le groupe. Si le groupe devient consensuel alors il devient libre de créer selon les compétences du groupe, sans jeu hiérarchique, sans enjeu personnel. C’est la priorité à la réussite collective, à la réussite du projet. Et, nos co-créatifs pourront alors soulever ensemble des montagnes.

Nous assistons à un glissement lent, mais puissant que l’on nomme changement de paradigme qui touche toute la planète et dont l’un des signaux principaux est l’émergence, voire aujourd’hui le développement mondial du “Co”, dans les façons de faire, le management et bientôt l’éducation, les façons d’être avec les générations X et Y et les façons de co-construire notre avenir.

Le prochain objectif est la création de communautés co-créatives qui inter-liées seront à elles-seules autant de Samsons face aux défis de notre époque. Et, si on échoue aujourd’hui, on se dit que ce n’est qu’un essai pour mieux rebondir demain.

Sources de l’image : Castelguard sur Pixabay 

Référence :